REVUE DE PRESSE [ french ]

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Postby g » November 22nd, 2004, 2:34 pm

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http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=4818



Graffeurs : la SNCF n'a pas réussi à museler la liberté d'expression

Publier des images de trains tagués n'est pas une atteinte à l'image des trains.

La SNCF, qui poursuivait trois revues de graffitis pour avoir publié des photos de trains graffés ou tagués, devant le tribunal de commerce de Paris et leur demandait, sur le fondement de l'atteinte à l'image des trains, 150.000 euros chacune, et une interdiction sous astreinte de 10.000 euros par infraction constatée, vient d'être déboutée.

Les graffeurs font leurs œuvres sur un support interdit, mais ils sont indéniablement des artistes : les photos de trains publiées en témoignent. Or la publication de ces photos ne saurait être considérée comme délictueuse du seul fait que le support de l'œuvre n'a pas été autorisé. La technique de l'intimidation juridique et économique dont mésusait la SNCF, en contradiction flagrante avec la liberté d'expression et le devoir d'informer des trois revues qu'elle poursuivait judiciairement, a échoué.

Par jugement du 15 octobre 2004, les magistrats consulaires rappellent à la SNCF qu'il existe une loi sur la liberté de la presse, votée en 1881, et qu'elle aurait mieux fait de se baser sur ce fondement. Mais la loi dite de la liberté de la presse était sans doute trop protectrice de la liberté d'information au gré de la SNCF qui a cru pouvoir la contourner, sans succès.

La LDH se félicite de ce que le principe de la liberté d'expression soit préservé par cette décision de bon sens, et dénonce de façon générale les interprétations abusives et extensives du droit à l'image, surtout des biens, quand il sert de fondement à une demande de censure parfaitement illégitime.

Elle appelle à un débat national sur cette question.

Paris, le 21 octobre 2004




Source/auteur : www.ldh-France.org
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Postby JACE » November 22nd, 2004, 5:39 pm

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Par jugement du 15 octobre 2004, le Tribunal de commerce de Paris a rejeté l’ensemble des demandes d’interdiction et de dommages-intérêts formées par la SNCF à l’encontre de GRAFF IT ! PRODUCTIONS et de trois autres sociétés (System Press Edition, Publia et Polimex International).

 

Le 15 novembre 2004, la SNCF a interjeté appel contre ce jugement.

 

GRAFF IT ! PRODUCTIONS dénonce l’acharnement judiciaire de la SNCF dont l’objectif est la disparition du magazine GRAFF IT ! et, plus généralement, la censure de la presse.

 

GRAFF IT ! ne manquera pas de demander à la SNCF réparation du préjudice subi à raison de cette nouvelle procédure.

 

GRAFF IT ! invite toutes les personnes attachées à la liberté d’information à apporter leur soutien au magazine.

 

Un compte spécial a été ouvert pour permettre à GRAFF IT ! de faire face aux coûts du procès à venir. Les chèques libellés à l’ordre de « Graff It ! Productions » peuvent être adressés à GRAFF IT ! PROD BP 07 94251 GENTILLY CEDEX France.

 

*         *           *

 

Le 18 décembre 2003, la SNCF avait assigné GRAFF IT ! PRODUCTIONS en justice et demandait sa condamnation à lui verser 150.000 euros à titre de dommages-intérêts « punitifs » pour avoir publié, dans les numéros de juillet – septembre et octobre – décembre 2002 du magazine GRAFF IT ! quelques photographies de trains graffés.

 

Pour débouter la SNCF, le Tribunal de commerce de Paris a notamment retenu, comme l’avait souligné GRAFF IT PRODUCTIONS, que « la reproduction de photographies de matériels ferroviaires taggés n’est pas une exclusivité des trois revues assignées. De telles reproductions ont eu lieu dans de nombreux médias (Presse nationale, émissions télévisées) ou dans des galeries d’art ou musées ». Le Tribunal a également noté, à la lecture des pièces versées aux débats par GRAFF IT ! PRODUCTIONS, que « dans un document de sa région de Paris-Nord, la SNCF montre elle-même des photos de wagons taggés (décoration d’un wagon de cantonnement à Aulnay sous Bois, selon la légende) ». Enfin, le Tribunal a estimé que les dispositions de l’article 544 du Code civil « qui ne concernent que l’utilisation de l’image » ne pouvaient être appliquées à un litige dans lequel « textes et images sont indissociables », les magazines poursuivis relevant de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

 

 



 


Olivier JACQUET
Directeur des éditions- Fondateur & Rédact' Chef de GRAFF IT ! Mag

GRAFF IT ! PRODUCTIONS S.A.R.L
Edition - Presse - Communication
Boîte postale 07
94251 GENTILLY CEDEX
FRANCE
Office: Tel / Fax : +00 33 (0)1 49 69 94 97

Rédaction: news@graffitmag.com ou graffitproductions@wanadoo.fr
Site: www.graffitmag.com

Votre contact: Olivier JACQUET
E mail: oj@graffitmag.com
Mobil: Tel/: +00 33 (0)6 14 70
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Postby g » November 24th, 2004, 5:35 pm

> http://www.laval.maville.com/actu/detai ... 5&IdCla=28

mercredi 24 novembre 2004
La mairie emploie deux personnes en permanence

« Le phénomène nous dépasse un peu, indique Philippe Doudard responsable des infrastructures aux services techniques de la mairie.

Les tags se font par vagues. En septembre, il y a eu une véritable poussée de fièvre. C'est la raison pour laquelle nous avons deux personnes en permanence tous les jours. » Car les tags ce ne sont pas que les graffitis sur les murs, ce sont aussi les étiquettes sur les panneaux de signalisation, les autocollants codés couverts d'hiéroglyphes posés sauvagement sur les panneaux de signalisation, sur les gouttières des particuliers, sur le mobilier urbain. « Si on ne fait rien, si on n'enlève pas ces autocollants c'est un signe pour les tagueurs de continuer. C'est une lutte permanente entre ceux qui enlèvent et ceux qui font » se désole Philippe Doudard. La lutte, c'est l'effacement.

Sur les bâtiments communaux mais aussi sur ceux des personnes privées à l'appel des syndics et à condition qu'ils signent une décharge. « Car, à force de nettoyer le crépi, à la fin, il s'enlève. »

Pas de gros moyens pour les employés de la mairie qui doivent se contenter de frotter à l'aide d'un chiffon alors qu'ils rêvent, leur responsable le premier, à un hydro-gommeur qui aurait une action abrasive sur les tags.
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Postby g » November 24th, 2004, 5:37 pm

> http://www.dna.fr/local/strasbourg/2004 ... 01615.html

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Couleurs pour les voyageurs

Les blocs sanitaires du terrain des gens du voyage au Neuhof faisaient grise mine. Les volontaires d'Unis-Cité leur redonnent des couleurs, avec le concours des habitants.


« Les thèmes et les motifs ont été choisis avec les gens du terrain pour que ça fasse plaisir à tout le monde. Les habitants voulaient des dessins, pas des tags » dit Marie Amalfitano, coordinatrice de l'association Lupovino (lutte pour une vie normale).
Les cinq blocs sanitaires du terrain des gens du voyage qui accueille environ 150 familles tsiganes étaient dans un triste état. Depuis le 28 octobre, sous la conduite de Cyril, un graffeur, et de Basile, coordinateur d'Unis-Cité, six jeunes volontaires ont entrepris de décorer les cubes de béton.
Une nouvelle « mission » en droite ligne de l'engagement citoyen et solidaire promu par le réseau Unis-Cité dont l'antenne alsacienne a été créée en juin 2003. « Ces six engagés travaillent à plein temps durant neuf mois dans le cadre d'un service volontaire » explique Lilla Merabet, directrice d'Unis-Cité « il ne s'agit pas d'insertion : l'objectif est de permettre aux 18-25 ans de s'investir dans un projet humanitaire du bout de la rue. »
Chaque mission a une durée maximum de six semaines. Celle du Neuhof s'achèvera jeudi. Sur place, la petite équipe a reçu l'aide régulière d'une quinzaine de jeunes du terrain : un échange dont la portée va au delà du simple coup de main.



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Postby g » November 26th, 2004, 1:30 pm

UN ARTICLE SUR LE FAMEUX HEKTOR////////////////// www.hektor.ch

> http://www.migrosmagazine.ch/index.cfm?id=3242

«Hektor est très obéissant. Il fait ce que je veux.»

Hektor: programmé pour graffer

Ancien élève de l'Ecole cantonale d'art de Lausanne, Jürg Lehni a inventé un robot sprayeur qui répond au doux nom d'Hektor. Grâce à lui, le jeune artiste repeint les musées et séduit la crème du design international.

Hektor obéit au doigt et à l'oeil de son maître. Non, Hektor n'est pas un chien, ni quelque animal de compagnie d'ailleurs, c'est un robot programmé pour graffer, taguer, bref, sprayer motifs et dessins sur des murs... en toute légalité! Car Hektor est un projet artistique.



L'idée est née dans l'esprit de Jürg Lehni, un jeune designer de 26 ans. Il a développé son robot tagueur avec le technicien Uli Frank. Le principe est simple: relié à un ordinateur, le sprayeur virtuel est guidé par un programme informatique qui lui permet de reproduire le motif voulu, à la grandeur voulue. L'installation n'a laissé personne indifférent: Hektor, présenté comme travail de diplôme en communication visuelle à l'ECAL, l'école cantonale d'art de Lausanne, a conquis le jury.

Sprayer dans un musée

Il y a peu, il était invité au Musée des beaux-arts de Soleure. A sa disposition, au rez-de-chaussée, quatre murs blancs. La mission de Jürg Lehni? Embellir les lieux.

Avant de laisser sa machine sprayer, le le designer procède à quelques travaux préparatoires, dont le plus délicat consiste à positionner correctement la bombe de peinture sur le mécanisme télécommandé qui appuie sur la valve de vaporisation.



Ses outils: un notebook, un programme informatique, deux petits moteurs, un support pour l'atomiseur et une bombe de peinture acrylique. Si l'installation paraît simple, l'ensemble est très complexe. «Je dois prévoir dans les moindres détails la composition de l'image et sa réalisation pour éviter qu'Hektor fasse des erreurs. Mais à dire vrai, il est très obéissant et fait ce que je veux», explique Jürg Lehni. Au fait, comment l'idée de concevoir un tel engin a-t-elle germé dans l'esprit de Jürg Lehni? «Il y a longtemps déjà qu'elle me trottait dans la tête. J'étais fasciné par l'idée d'une machine qui dessine toute seule.» Pour l'artiste, c'est aussi une réponse à l'uniformité du travail sur ordinateur: «J'ai l'impression que tous les graphistes utilisent actuellement les mêmes programmes et les mêmes formes. Je voulais faire quelque chose de différent.»

Plus de trente tableaux

Enfin, tout est prêt. Jürg Lehni presse sur une touche de son portable et le robot se met à l'oeuvre. «L'homme n'a plus à intervenir. Hektor travaille de manière autonome.» Seuls le léger ronronnement des deux moteurs et le chuintement de la valve de la bombe rompent le silence.



Le jeune designer a déjà mis à l'épreuve son invention dans différents musées, en Suisse comme à l'étranger. Au cours de ces deux dernières années, sa machine a «peint» plus de trente tableaux. Le succès rencontré lors de son examen de diplôme se confirme - «Il a reçu la meilleure note, un six, ce qui est rare.» Jürg Lehni peut s'enorgueillir d'un autre succès: il a réalisé, avec Hektor, la page de couverture du célèbre magazine de design new-yorkais «I.D.» Considère-t-il l'oeuvre d'Hektor comme une performance technologique ou comme de l'art?



Jürg Lehni n'hésite pas: «Non, non, c'est bien de l'art. Mais je mélange technique et création.»

Carl Bieler, photos Stefan Jermann



A lire: «Playground Robotics», en allemand et en anglais, publié par Dominik Landwehr (Pour-cent culturel Migros), paru aux Editions Christoph Merian, Bâle.

Prix: 38 francs.
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Postby di-de » November 27th, 2004, 8:48 am

faites vous plaisr et défendez la liberté de la presse.

http://www.rsf.org/article.php3?id_article=11768
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Postby DuBwIsE !!! » November 29th, 2004, 11:41 am

http://www.liberation.fr/page.php?Article=256994


Underground
Une nuit avec "la Mexicaine de perforation"

Ces «explorateurs urbains» s'introduisent dans des lieux interdits pour des soirées secrètes et cinéphiles. Récit d'une intrusion nocturne.

Par Frédérique ROUSSEL et Marie-Hélène MARTIN

vendredi 26 novembre 2004 (Liberation - 06:00)




frôle les minuit. Deux heures de bières viennent de s'engloutir dans ce troquet enfumé du Quartier latin à Paris. L'endroit est aujourd'hui le principal repaire de la Mexicaine de perforation. Avant, il y eut un autre lieu enfumé et arrosé, le Mexicain, place de Mexico, qui inspira son nom au groupe. La seconde partie, «perforation», donne un indice sur la fonction. LMDP pratique le trou, la galerie souterraine, l'underground. Et manie la perforatrice avec brio.

Son sobriquet est sorti de la terre le 23 août. Ce jour-là, la police a découvert sous le Palais de Chaillot une salle de cinéma souterraine de 400 m2 (Libération du 7 septembre), un lieu clandestin aménagé, avec le téléphone et l'électricité, une salle à manger au décor psychédélique, avec un inoffensif couscoussier dans un coin, pris un moment pour une bombe. LMDP n'est pas une bande de voyous. Elle récuse le terme de «cataphile», qu'emploient à son avis abusivement les ignorants de la surface pour parler de tous ceux qui fréquentent les sous-sols. Elle tient à se distinguer des nerds boutonneux qui fréquentent les chatières: «Les explorateurs urbains sont tous censés avoir perdu leur pucelage avant.» Car son truc à elle, depuis cinq ans, c'est l'exploration urbaine. Elle revendique de créer des espaces d'expression artistique libre (concerts, spectacles vivants) dans les délaissés urbains (tout lieu inutilisé tout ou partie du temps). Dans le gruyère parisien, mais aussi dans les stations de métro, dans un musée, un théâtre, un grand magasin, surtout dans l'Ouest parisien (XVIIe, VIIIe, XVIe, XVe arrondissements). Surtout rive gauche. La nuit, bien sûr. Comment se sont-ils retrouvés ensemble dans ce genre de situation ? «On ouvrait des plaques d'égouts au hasard et, un jour, on s'est aperçu que d'autres, ailleurs, faisaient ça.»

Bouche à oreille. Do, une des filles, s'impatiente. On achève les pintes. La troupe finit par se lever et sortir dans la ruelle. Paris lui appartient. Ce samedi soir d'octobre, ils ont décidé de poursuivre leurs tests préparatoires dans un lieu qu'ils ont déjà investi plusieurs fois. Ce n'est ni l'Opéra, ni l'Odéon, ni le Panthéon, ni la chapelle Saint-Sulpice, autant de royaumes du jour qu'ils ont parfois visité la nuit. Dans ce nouveau «squat», ils projettent d'organiser un festival de cinéma, comme ils le font depuis deux ans avec une belle programmation, cultivée et pointue. Il y eut la Sesiòn Còmoda, sur le thème de l'underground, en août et septembre 2003, à laquelle ont assisté une cinquantaine de personnes à chaque fois. «Plus, c'est pas gérable.» Au programme la Jetée de Chris Marker, le Troisième Homme de Carol Reed ou le Trou de Jacques Becker. Ce dernier film raconte l'histoire de détenus qui creusent un tunnel sous la Santé pour s'évader. Un thème récemment revisité par l'actualité... Urbex Movie, l'été dernier, portait un regard particulier sur la ville. Les projections (Ghost In The Shell de Mamoru Oshii, Eraserhead de David Lynch, Buffet froid de Bertrand Blier...) avaient lieu, à 18 mètres sous terre, dans les fameuses Arènes de Chaillot révélés par la police, situées à quelques murs de la Cinémathèque. Et ils ont en projet un festival de film coréen. Ce genre d'événements ne souffre pas la publicité 4 par 3, peut-être une affichette dans un coin sombre de leur bar habituel. Le bouche à oreille entre initiés suffit.

Ce soir, c'est un «délaissé partiel» qui a eu la préférence. Public le jour, fermé à double tour la nuit. La Mexicaine va, dans son jargon, «le réinitialiser», autrement dit le réveiller. Il lui arrive aussi de laisser un endroit en «mode visite», avec des indices de son passage s'il venait à être dévoilé. Pourquoi accepte-t-elle d'être accompagnée ? Elle ne cherche pas la lumière ni les médias, mais sait s'en servir quand ils sont là. La publicité faite autour de la salle des Arènes lui a notamment permis de négocier des droits photo. Un brin narcissique et bravache, la Mexicaine. Voire foncièrement idéaliste.

Surnoms. La porte de sortie de secours est close à cette heure indue. Qu'importe, la Mexicaine a l'habitude de jouer les passe-muraille. La clé du serrurier du groupe l'ouvre, regards furtifs à droite et à gauche, peu de mots, la colonne s'engouffre dans un escalier. Pas d'affolement palpable. «Une ouverture, c'est toujours une fête.» La double vie peut démarrer.

«J'ai commencé à aller sur les toits des immeubles à 7 ans, je me suis fait enfermer dans le métro à 12, je suis descendu dans les carrières à 14», raconte Lazar. Il se dit porte-parole mais ne fait pas partie de la Mexicaine. Dans ce type de communauté, il n'est pas de bon ton d'être dans plusieurs groupes à la fois. Chacun porte un surnom, même si on se connaît depuis dix ans. Difficile de savoir s'il y a un chef. Gourmande en matériel high-tech et en boisson, l'informelle association fonctionne par cotisation. En plus de porte-parole, Lazar revendique la responsabilité de Zone Tour, «un site qui essaye d'exporter le côté artistique de l'exploration urbaine à la surface». Les membres de LMDP, grosso modo une quinzaine de personnes âgées de 20 à 40 ans, ont parfois plus de vingt ans d'expérience. Ils viennent de tous horizons : réalisateur, décorateur, contrôleur aérien... Il faut «faire attention à diversifier ses membres pour être plus créatif que les autorités», énonce Lazar. L'exploration urbaine s'avère une pratique répandue sur le reste de la planète, en Belgique, en Allemagne et même en Australie (lire ci-dessus). Mais «Paris, c'est La Mecque pour ça». Naj montre du doigt un toit zébré de graffitis de l'autre côté de la rue. «Tout ce qui paraît inaccessible comme ça, c'est pour nous. Encore que, dans ce cas-là, le spot est un peu trop évident.» L'invisibilité reste leur meilleure protection. Car leur activité les amène à pousser des portes illégalement.

Calme olympien. Le «délaissé» est vide et silencieux. Le premier sentiment du néophyte qui pénètre dans un lieu interdit, c'est d'avoir l'impression de le tirer des limbes. Ensuite, c'est l'émoi adolescent, l'angoisse mêlée d'excitation au ventre. Les Mexicains, tendance trentenaires, sont-ils des adolescents attardés ? Des petits-bourgeois qui se grisent de sensations ? Aucune fébrilité, aucune hystérie, tout se déroule dans un calme olympien, comme un rodage bien au point. L'affaire paraît vraiment sérieuse. Dans le fond de la piscine, un robot besogne en ronronnant. La Mexicaine arrête l'engin, fait la lumière. Elle est comme chez elle. Libby se déshabille toutes affaires cessantes et pique une tête. On tend l'écran que portait Moïse sur un filin de la largeur du bassin. D'autres s'affairent à brancher la musique, à installer le nécessaire de projection. Bientôt, de chaque côté de l'écran qui trempe dans l'eau, les Mexicains nus barbotent avec tout le nécessaire, plate-forme en mousse et bouées. On s'arrose, on plonge, on rigole entre deux canettes, posées à même les bouées. Rien d'une orgie. Un mélange d'innocence et de sérénité flotte dans l'atmosphère. Dégustent-ils l'ineffable sentiment de braver l'interdit ? Ils jouissent de cet univers parallèle où rien n'est contraint ni formaté.

Libby rectifie les plis de l'écran. La projection peut commencer. On s'installe sur le promontoire du bord de la piscine, après s'être séché. Cigarette d'après-bain, le mini-public demande le programme à Naj. Ce soir de test, il n'a guère dans son ordinateur que des séquences connues. Il lance les Gaspards, un film de Pierre Tchernia tourné en 1973, une oeuvre culte pour les adeptes de la nuit clandestine, avec ses dialogues récités par coeur. Sur l'écran, Charles Denner, en ministre des Travaux publics azimuté, a entrepris de détruire consciencieusement la capitale. Un petit peuple d'idéalistes («les gaspards de la nuit, loin du monde et du bruit»), réfugié sous terre et emmené par l'aristocratique Philippe Noiret, lui tient tête. Un film regardé jusqu'à la corde. Naj décide de zapper sur des courts métrages, la voix de Pierre Desproges emplit l'espace carrelé.

Fraternité noctambule et avide d'ailleurs. Quatre heures du matin, les accessoires qui ont servi pour le bain sèchent sur les bouches d'aération. La Mexicaine se rhabille. On nettoie, on range, on remplit une poubelle. On efface toute trace. «L'explorateur urbain n'est pas voleur dans l'âme.» Le robot reprend ses oeuvres subaquatiques. Il ne répétera pas. Le passage de la Mexicaine demeurera secret.



www.zone-tour.com

Galeries techniques, chantiers, toits, tous les lieux «Ne pas entrer» qui forment une sorte de ville parallèle désertée.

www.infiltration.org

Le site le plus complet sur l'internationale de l'exploration urbaine (en anglais).

www.caveclan.org

Une institution en Australie sur le monde de l'ombre.

www.bxl2.free.fr

Belgian Underground Exploration présente un grand nombre de souterrains artificiels en Europe, dont les égouts de Bruxelles et de Grenoble.

www.ckzone.org

Webring de tous les sites consacrés à l'exploration urbaine. Un forum où l'on parle de tout ce qui se passe dans les carrières, les usines désaffectées, les égouts, etc.

www.greg.org

Le site d'un réalisateur qui donne aussi des infos sur le cinéma, les courts métrages, confidentiels ou pas.

www.cyberkata.org

Annuaire des sites sur les souterrains artificiels.
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Postby eko » December 4th, 2004, 8:26 am

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http://www.liberation.fr/page.php?Article=259141



Chris Marker et l'auteur de Monsieur Chat racontent leur rencontre artistique, et leur démarche dans «Libération».

Chats discutent


Par Annick RIVOIRE


samedi 04 décembre 2004 (Liberation - 06:00)


Un jour de septembre, un e-mail sibyllin demandait une adresse pour recevoir un inédit de Chris Marker... Le cinéaste venait d'achever Chats perchés, docu-fiction autour de ces peintures murales monumentales apparues sur les murs de Paris, Orléans, Nantes... C'est que Chris Marker voulait plus qu'un film pour M. Chat, l'auteur anonyme de ces interventions félines. Il accepta l'invitation assortie d'une liberté totale (ou presque) de faire ce qu'il voulait avec Libération (Libé-chat-ion). Le cinéaste a choisi d'inviter M. Chat, laissant à peine au chat Guillaume-en-Egypte, l'alter ego bavard de Marker, quelques vignettes de-ci-de-là. L'entretien qui suit, débuté canal Saint-Martin pour s'achever dans un studio encombré de dizaines de chats totems, de chouettes et de cassettes vidéo, conte l'histoire de cette drôle de rencontre.

Comment est née l'idée d'une intervention croisée dans Libération ?

CHRIS MARKER : J'avais envie que tout le monde découvre ce Chat. Avec les précédents numéros des invités de Libération, ceux d'Annette Messager et de Tàpies, tout de suite j'ai visionné le numéro avec les chats dessus.

Pourquoi avoir détourné l'invitation de Libération en invitant M. Chat?

C.M. : Ces «pourquoi», c'est une manie de journalistes. Je me souviens quand j'étais à côté de Kurosawa sur les pentes du mont Fuji, et qu'une délégation de Fenouillards a débarqué et que tous les journalistes, tour à tour, sont venus demander au maître «pourquoi ceci, cela ?». Kurosawa nous regardait d'un air désolé et disait : «Mais je ne peux pas répondre à cette question, les choses viennent comme ça, c'est vous qui me dites ensuite pourquoi.» Je ne me prends pas pour Kurosawa, mais ça m'a consolé de trouver un répondant.

Vous avez une forte relation à l'actualité, le chat Guillaume est présent sur l'Internet où il commente l'actualité en images...

C.M. : Guillaume, pas moi.

Quel rapport entretenez-vous avec Guillaume, votre alter ego félin ?

C.M. : Guillaume a été un vrai chat, qui m'avait adopté, qui était mon conseiller, mon intime, mon copain, mon inséparable et la seule personne que j'acceptais auprès de moi quand je faisais du montage. Je voyais à la direction de ses oreilles s'il était d'accord avec ce que je faisais ou pas. Et puis il est parti au paradis des chats. Quelque temps après, il m'est réapparu sous forme de fantôme, il avait très envie d'intervenir, et des idées sur tout. Le matin, quand j'écoutais les nouvelles, il arrivait avec une bulle et c'était lui qui se plaçait comme ça dans l'actualité. Je ne suis que le médium là-dedans. Docteur Jekyll et Mister Hyde. Guillaume est tout ce que je ne suis pas, il est ramenard, interventionniste, exhibitionniste, il ne demande qu'à faire parler de lui, on se complète parfaitement.

Si le chat jaune a eu autant d'écho en vous, c'est aussi parce qu'il y a une proximité entre son auteur et vous ?

C.M. : Les deux chats ont de la personnalité, c'est M. Chat qui a eu la gentillesse de leur trouver un certain cousinage et a fait le fameux dessin où ils sont bras dessus, bras dessous. Dessin qui a été la consolidation de la sainte alliance entre les deux chats.

M. Chat : Le page à page dans Libération fait apparaître les formes harmonieuses du Chat, uniquement construit à partir de formes circulaires, toutes unies entre elles. Et ses mouvements sont faits pour caresser les murs. Il faudrait que chacun fasse le geste de dessiner le chat et, pour ne pas avoir l'air idiot, en prenant un pinceau.

Canal Saint-Martin, sous le pont où s'égosillait Arletty, la marque du chat jaune a disparu, remplacée par une caméra de surveillance...

C.M. : C'est ici qu'a eu lieu la première rencontre, fin 2001. L'écho du 11 septembre est encore dans l'air, et la vision de cet animal avenant me paraît un signe. Quelqu'un a décidé d'envoyer sur les murs une image de réconfort, et de bienveillance.

M. Chat : Chaque emplacement change le point de vue sur la ville. Ce chat-là a été peint à 3 heures du matin, un moment public qui n'appartient qu'à toi. Puis tout le monde le voit et se demande d'où ça vient.

Cette première rencontre a-t-elle suffi à vous donner l'idée d'un film ?

C.M. : Peu de temps après, un article dans le Parisien m'a signalé les chats de Réaumur et du boulevard de Strasbourg, un ami banlieusard ceux de la gare Montparnasse. Et ensuite ça n'a plus cessé, des informateurs bénévoles m'appelaient chaque semaine pour me dire qu'ils en avaient trouvé un ici, un là, la chasse était ouverte. Me baladant presque toujours avec ma petite caméra DV, l'idée avait commencé de germer d'une espèce de street-movie dans le Paris d'après le 11 septembre. Un petit film d'atmosphère, simple et sans prétention, et surtout, pour une fois, pas politique ! Ce chat m'attirait, en tant que chat bien sûr, j'appartiens à la secte de leurs adorateurs, mais surtout par la simplicité et l'équilibre de son graphisme, si différents de la virtuosité embrouillée des tags, ou du symbolisme latent des graphs. Il m'évoquait la perfection instinctive des premiers tracts anarchistes, et des constructivistes de l'époque «fenêtres Rosta». Sa filiation avec le grinning cat d'Alice au pays des merveilles était évidente ­ à noter qu'ici le français est défaillant : toutes les traductions vous proposeront «le sourire du chat», comme si Carroll avait utilisé «smile», mais il a écrit «grin», qui n'a pas d'équivalent, et qui est le «large sourire». Or de toute évidence, ce chat-là «grins»...

M. Chat : Le chat nous est tombé dessus : une petite Pakistanaise d'un quartier périphérique avait dessiné un gros chat tout simple, avec un sourire géant. L'idée que ce dessin de petite fille soit partout était plaisante. Il a été restylisé en conservant la fraîcheur du sourire. L'histoire du chat est une sorte de parcours initiatique du Petit Poucet. Comme dans le conte, nous sommes tous perdus. L'art urbain laisse des petits cailloux. Il n'y a pas d'artistique là-dedans mais du culturel, il s'agissait de donner de l'humanité.

C.M. : Il me fait rire quand il oppose l'artistique au culturel. Il a dû visiter trop de galeries. Comme si «donner plus d'humanité» n'était pas une bonne définition de l'art. Y compris comme il le pratique. Malraux dans l'Espoir : «Il y a ici une tapée de peintres, il faut leur donner les murs, les murs nus : allez hop ! Dessinez, peignez. Ceux qui vont passer là devant ont besoin que vous leur parliez. Nous ne créerons pas des chefs-d'oeuvre, ça ne se fait pas sur commande, mais nous créerons un style. Il n'est pas possible que, de gens qui ont besoin de parler et de gens qui ont besoin d'entendre, ne naisse pas un style.» Si Malraux était ministre de la Culture, il aurait défendu les chats, il ne les aurait pas fait effacer !

La promenade filmée envisagée sous l'angle «positif» a viré pessimiste...

C.M. : Tout a basculé avec le second tour des élections. J'avais suivi les premières manifs anti-Le Pen, le 1er Mai... Mais tout d'un coup sur mon écran, derrière PPDA, le grinning cat lui-même... Je me suis jeté dans le métro, essayant de calculer où je pouvais rattraper la manif. Mais le temps d'arriver à Saint-Michel, des flics goguenards m'ont dit que le cortège était passé depuis longtemps. La petite consolation a été de trouver sur le quai du métro un couple muni de la pancarte-chat. Une fille s'est approchée, intéressée. «Est-ce que c'est un nouveau groupe ?» Je lui ai dit : «Bien sûr, c'est la Confédération humaniste et anarchiste des travailleurs.» Toute prête à adhérer, elle était.

M. Chat : Dans une de ces manifs, des militants alternatifs ont autocollé tout le monde. Le soir à la télé, le groupuscule faisait masse. M. Chat lui aussi pouvait participer à l'instrumentalisation humaine des manifestations, en banderole. M. Chat dans ce contexte ne veut rien dire, ne sert à rien, il stigmatise l'état d'esprit d'une génération du cul entre deux chaises.

C'est là que vous, Chris Marker, entrez en terrain politique dans le film ?

C.M. : En s'installant d'eux-mêmes dans le paysage politique, les chats avaient complètement changé la problématique. Ce ne serait plus une promenade désinvolte mais la chronique d'une année de plus en plus marquée par l'histoire, où d'élections en guerre d'Irak, de retraites en intermittents, les manifestations scanderaient l'évolution même de la société, et les flux et reflux d'une nouvelle génération qui faisait son éducation civique.

M. Chat semble proche du nihilisme ?

M. Chat : De plus en plus dans le monde, on n'a droit qu'à deux choix : adhérer ou se taire. Les chats ont choisi la peinture... Il y a un groupe qui s'intitule Nomades urbains dont j'emprunterais bien la terminologie. Je me suis exilé dans la rue, à Paris, en grimpant sur les toits, dans ce désert urbain de zinc.

C.M. : Qu'on ne me dise pas qu'il n'y a de progrès nulle part. Un nihiliste qui peint des chats, c'est quand même un progrès par rapport à Netchaïev.

M. Chat : Il y a quelque chose de très positif dans le nihilisme du chat jaune.

C.M. : Je n'ai pas cherché à savoir quelles étaient les intentions du groupe d'irréductibles qui s'était réuni à la Bastille sous l'emblème du Chat : j'ai poursuivi mon idée, et faire un film est toujours un peu comme faire un rêve, avec le même sentiment illusoire de contrôler des choses qui s'accomplissent sans vous, tout en puisant leur logique dans vos réserves secrètes. Mais il me plaît de penser qu'il y avait là les inorganisés biologiques, ceux pour qui Arlette et Besancenot sont déjà trop institutionnels, ceux qui refusent de toute leur force d'être récupérés et, pour ça, il n'y a pas d'incarnation plus pertinente que le Chat, le seul être au monde qui depuis des temps immémoriaux a conquis sa place au premier plan de la vie quotidienne, de l'image, du sentiment et de la mythologie sans jamais avoir été récupéré. Prévert l'a mieux dit que quiconque :

Ils ont insulté les vaches / Ils ont insulté les gorilles / les poulets / Ils ont insulté les veaux / Ils ont insulté les oies les serins / les cochons les maquereaux / les chameaux / ils ont insulté les chiens / Les chats / ils n'ont pas osé

Comment la rencontre visuelle a-t-elle tourné à la rencontre artistique ?

M. Chat : Pendant cette manif aux pancartes Chat, deux femmes ont jailli de la foule, nous ont abordés en disant : «Chris Marker fait un film sur vous...» Il y a des noms, et celui de Marker en est un, qui sont comme des épées, qui ouvrent des portes, comme dans Dune ou Matrix. L'effet Chris Marker faisait peur, l'unanimisme était inquiétant. Mais un vieux monsieur retiré du monde, il fallait aller le voir. J'aime les vieux qui me rappellent mon grand-père, sa culture humaniste, loin des spécialistes qui te mènent sur leur terrain pour t'écraser. Alors oui, la Jetée m'a retourné la tête, c'est pauvre et c'est beau, horriblement beau, avec un simple appareil photo, il fait la nique à tout le monde. Impressionné par sa façon de mettre un écran entre lui et moi, j'ai adopté le même système. Un ami coréen était l'émissaire, Marker renvoyait des messages, un texte de François Maspero... C'était comme une liqueur sucrée, une ivresse qui donne l'envie d'après. La première fois que je l'ai vu, j'y suis allé sans me présenter, disant juste : «On m'a dit de vous donner ça.»

C.M. : Et naturellement je me suis dit que ça pouvait être lui. Mais sans chercher à en savoir plus, je ne déteste pas les mystères.

Y a-t-il une forme de transmission d'une génération à l'autre ?

M. Chat : J'ai l'impression d'avoir réactivé des parties de sa mémoire. Marker est un phare, mais il doit aussi trouver dans notre correspondance une façon de se rafraîchir. Nous sommes des artistes taciturnes potentiels. Il m'a donné des pistes, a amorcé une part de ma nature guerrière : il m'a envoyé une image-collage du chat en commandant Marcos, terrible, parce qu'au fond toute une génération voudrait se réaliser par la violence.

C'est une leçon de choses que Marker délivrerait à la jeune génération ?

M. Chat : Marker a réussi à allumer le chat, son apport théorique a structuré l'histoire. C'est vrai que les ailes du chat sont apparues pendant la guerre contre l'Irak. Le piège, c'est que, quand Marker fait un film, il ne demande pas d'autorisation. Nous nous incrustons de la même manière, comme des pirates maniérés, des sauvages polis. On doit avoir des essences complémentaires pas si lointaines. La différence, c'est qu'en montant sur les toits j'ai cherché la mort, elle s'est refusée à moi. Lui ne la cherche pas...

Pour ce numéro, le chat Guillaume intervient dans l'actualité, alors qu'il faut chercher M. Chat...

C.M. : A part les élections américaines, où il était déchaîné, il est rare que Guillaume touche aux nouvelles qui font les gros titres. Il préfère les petites histoires que personne n'a remarquées. Il fait en particulier une fixette sur les mascottes de la Royal Navy, un perroquet, une tortue ­ pas le genre de choses qui font les manchettes de Libé. Il arrive que l'actualité soit tellement navrante que lui et moi préférons rester sans voix. Il était donc plus prudent pour ce numéro de Libération de puiser dans son répertoire d'expressions.

M. Chat : Une fois lus, les journaux sont jetés, c'est du papier gâché. Le pochoir dans les pages du quotidien, c'est une manière de leur donner une seconde vie... Il faudrait que tous les lecteurs prennent du scotch et aillent coller leur journal-affiche partout et qu'ensuite ils envoient leur mise en scène photo à la rédaction...

C.M. : Tu veux dire que, pour une fois, Libé va servir à quelque chose... Mais, pour être honnête, il n'existe aucun autre journal au monde, qui, le jour de la mort de Derrida, ouvre ses premières pages sur un philosophe.

M. Chat : J'aimerais lancer aux lecteurs ces expressions qui m'interrogent : démocratie pyramidale et cannibalisme social...

Et les enjeux internationaux ?

C.M. : C'est l'histoire que je regarde se faire. Ce qui me fascine dans la télé, c'est comme le miroir de Cocteau où on voit la mort au travail, ici c'est l'histoire au travail. La mort aussi, du reste.
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Postby ROMEOCHARLIEFOXTROT » December 4th, 2004, 3:19 pm

Le film passe ce soir (samedi) sur Arte, vers minuit.
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Postby eko » December 4th, 2004, 5:37 pm

merci pour l'info, je vais essayer de faire fonctionner mon magnetoscope :?
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Postby DuBwIsE !!! » December 4th, 2004, 6:39 pm

http://www.arte-tv.com/fr/semaine/244,broadcastingNum=409141,day=1,week=50,year=2004.html

samedi, 4 décembre 2004 à 00:25



Chats perchés
Documentaire de Chris Marker (France, 2004, 59mn)
Production : Les Films du Jeudi, en association avec ARTE France
ARTE FRANCE


Que signifie la prolifération de chats souriants sur les toits de Paris ? En suivant leur piste, Chris Marker réalise un journal engagé et fantasque qui revisite deux ans d’actualité, des élections présidentielles de 2002 à l’arrestation de Bertrand Cantat.


Peu de temps après le 11-Septembre, des chats énigmatiques apparaissent sur les toits de Paris. D’un graphisme simple et parfaitement maîtrisé, qui tranche sur la virtuosité parfois embrouillée des tags, ils affichent un large sourire. Ainsi, quelqu’un, pendant la nuit, risque de se rompre le cou pour faire flotter un message de bienveillance sur la ville. C’est en suivant la piste des chats souriants que le film se construit, allant de surprise en surprise, suivant la trame des événements politiques nationaux et internationaux…


LES PETITS PLUS

Quand le chat sourit
Les candidats en campagne pour les présidentielles de 2002, un (vrai) chat dans le métro, la défaite de Lionel Jospin au premier tour, une protestation silencieuse de la Coordination hétérodoxe et autonome des travailleurs (C.H.A.T.), la manifestation du 1er mai 2002, l’intervention américaine en Irak, le débat sur le voile à l’école… Chris Marker tisse ensemble ces divers éléments, avec la complicité des mystérieux chats jaunes qui prolifèrent sur les cheminées, les murs et les troncs d’arbres de Paris. Il multiplie les digressions dans lesquelles s’abolit la frontière entre réel et imaginaire. Il ponctue son enquête de cartons qui sont autant de commentaires décalés (et souvent drôles) sur l’actualité, la société, la vie des hommes et celle des chats. L’image qui se révèle in fine dans ce collage est une sorte “d’autoportrait de l’auteur en jeune chat”, un auteur revenu d’une vie d’engagement dans le cinéma et la politique mais toujours préoccupé par la montée de la barbarie.
Chats perchés est édité en DVD par ARTE Vidéo (sortie en janvier 2005).
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Postby eko » December 5th, 2004, 12:52 am

Liberation :

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Merci ReL From Nunu
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Postby eko » December 5th, 2004, 11:15 am

quelques photos du film hier soir.

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Postby CRE » December 5th, 2004, 4:08 pm

...un peu space le film mais assez sympa...
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''Chat perchés''... Bizarres!

Postby afrotagger » December 5th, 2004, 4:36 pm

Je l'ai regardé, outre son utilité ''graffique'' qui permet un recensement relatif des multiples M. Chat en France, le film est assez bizarre...
Il fait le lien avec pas mal d'événements qui seraient la raison de l'apparition de M. Chat; Ok, ça passe, tout le monde peut faire des hypothèses, mais au bout de 20 minutes on sent que le réalisateur est (un peu) obsédé par les manifs...et là on s'éloigne un peu du sujet non...
En effet, sur les 60 minutes de film, près de la moitié est largement consacrée à nous montrer des quidams manifestant pour n'importe quelles occasions: anti-plans sociaux, anti-chomage, anti-Raffarin, anti-Bush, anti-guerre en Irak, pro-Raffarin,etc... même les anti-grévistes manifestent! Tout ça pour nous montrer que dans certaines(mais alors vraiment pas beaucoup) de ces manifs, on retrouve M. Chat sur les pancartes tenus par les manifestants...
Il ya aussi l'allusion à Bertrand Cantat...:shock:..quel est le rapport?

En conclusion, un bon film Arte hier soir:
...Un sujet TRES différent et TRES différement traité... :wink:
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Postby g » December 5th, 2004, 6:26 pm

:wink:

sacré Christian François Bouche-Villeneuve (enfin Chris Marker ça tape plus pour le people !! )....
pas mal comme film...pas transcendant non plus...
il y a tellement mieux chez lui....notamment son chef-d'oeuvre "La Jetée"
qui aurait largement inspiré Terry Gilliam pour "L'armée des 12 singes"

de plus c'est loin d'être un documentaire ..plutôt une sorte de journal de bord....ça sentait presque trop le Sophie Calle..



> http://www.sensesofcinema.com/contents/ ... arker.html
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Postby g » December 5th, 2004, 8:10 pm

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NAMUR (Belgique)
La chasse aux tags est ouverte

Pour enrayer le phénomène des graffitis, il faut agir vite. En plus de la répression classique, la Ville propose un nouveau service de « détagage » gratuit.


Depuis ce 1er décembre, la Ville a lancé une expérience pilote de « détagage » systématique des tags et autres graffitis visibles depuis le domaine public. Quelque 400 Namurois du centre-ville ont déjà demandé à pouvoir bénéficier de ce service.

Motivation. Ce service est une réponse aux attentes des habitants des trente-six quartiers de la capitale wallonne. En effet, en dépouillant les résultats d'une enquête menée au sein de la population sur les priorités à développer dans le futur plan zonal de sécurité de Namur, la Ville s'est rendu compte que la propreté publique et le vandalisme ont un impact sur le sentiment d'insécurité. Parmi les points précis, spécifie le bourgmestre de Namur, les tags. Règlement. D'un point de vue légal, afin de pouvoir lancer ce nouveau service, le règlement de police particulier concernant la propreté de la voie publique a été quelque peu modifié. La Ville s'est ainsi donné les moyens de pouvoir intervenir sur les bâtiments publics - ce qu'elle faisait déjà auparavant - et sur les bâtiments privés. Mais sous certaines conditions. L'une d'entre elles, et la plus importante, est que le propriétaire peut s'opposer à une intervention sur son bien. Il va de soi que la Ville offrira ce service gratuit dans les limites de ses moyens budgétaires. Elle ne nettoiera que les tags visibles du domaine public et situés à une hauteur maximale de 4 mètres. En cas d'intervention, celle-ci se fait aux risques et périls du propriétaire. En outre, la Ville se réserve le droit de ne pas intervenir si elle estime que

l'effacement des graffitis présente des risques de dégradation du bien ou si l'intervention se révèle techniquement aléatoire.

Partenariat. L'absence de matériel et de personnel communal adaptés à une campagne de détagage de grande ampleur a motivé le choix de recourir à une société expérimentée pour ce travail spécifique, explique l'échevin en charge de l'environnement, Alain Detry. C'est donc la société Vivaldis, correspondante belge de la société chargée du détagage de la ville de Paris, qui a été choisie pour cette mission qui comprend également la formation du personnel du département environnement et propreté à la réalisation de l'audit de la situation des graffitis et tags de la ville.

Campagne. 66.000 euros ont été mis sur la table afin de réaliser cette campagne expérimentale de détagage qui, dans un premier temps, ne concerne que la corbeille. Le département environnement et propreté assurera, lui, les interventions hors centre urbain.

Fonctionnement. Les services communaux ont d'ores et déjà effectué un inventaire des immeubles tagués - environ 400 - dans le périmètre de la Corbeille. Les propriétaires ont reçu un courrier recommandé de la Ville et ils ont un mois pour marquer leur opposition au nettoyage. Parmi les privés déjà contactés, cinq se sont opposés à une intervention. D'initiative, 200 propriétaires d'immeubles non tagués ont déjà retourné le formulaire autorisant une intervention d'office dès qu'un tag serait apposé. Quelque 60 habitants hors Corbeille ont également demandé une intervention communale.

Terrain. D'un point de vue plus technique, l'enlèvement des graffitis sera effectué soit à l'aide des techniques de gommage, d'hydrogommage, de recouvrement par peinture, d'utilisation d'eau à haute ou basse pression. L'intervention n'inclut pas la mise en oeuvre d'une protection anti-graffitis

CORINNE BODART - 02.12.2004, 06:00
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Postby Kefli! » December 5th, 2004, 8:24 pm

il ont mis je sais pas combien de fric pour leur campagne:

mais ils peuvent pas payer un graphiste pour avoir un panneau avec un mec qui frotte dessus... :lol:

ils se la pète avec leur inscription"DETAGUAGE" par contre sur le panneau le bonhomme creuse...
c'est peut etre une métaphore pour dire qu'ils veulent enterrer le tag et le graff?? :wink:
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Postby zhine » December 5th, 2004, 11:17 pm

Le film est réussi par la réponse surprenante dénuée de tout égo que l'on peut attendre. Loin des logiques descriptives et mielleuses sur l'artiste.
Le chat observe la rue de ses toits mais les gens de la rue regardent leurs
pieds. La conclusion est pessimiste mais réaliste. Où se trouve la lumière
dans l'humanité ?

Une seule critique d'ordre technique : le film sent i-movie plein pot. Un peu
cheap dans le montage.
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Postby JACE » December 6th, 2004, 6:14 am

No comment on M. CHAT.... 8)
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