REVUE DE PRESSE [ french ]

Share good links, discuss about graffiti.

Postby g » December 6th, 2004, 11:11 am

La perle du mois !!

trouvé sur http://www.france-jeunes.net/lire-les-t ... -17428.htm
avec en bonus les commentaires-réaction à ce pauvre article 8)


Les tags, les graphes et les signatures

Qu'est-ce que les tags, ou bien les graphes, ou encore des signatures ? Est-ce du vAndalisme ou bien un moyen de s'exprimer ? Réponse dans cet article avec quelques images.

Les tags, pourquoi est-ce-que les jeunes aiment en faire sur les murs ? C'est leur façon à eux de s'exprimer s'ils n'en n'ont pas l'occasion avec leur entourage. Ils sont fierS de leurs tagS ou de leurs graphes. Ils sont obligés de les créer la nuit car pour les propriétaireS des murs sur lesquels ils taguent (ou graphent), c'est du vAndalisme, mais ce n'est pas du tout leur avis (et le mien non plus). Ce que les adulteS ne comprennent pas forcément c'est qu'une fois que les tags sont faits, 1ER c'est que les passant l'admirent et ça les aTtirent plus vers le magasin (ou autre), moi aussi il m'aRrive/nt de faire des tags ou des graphes (sur des feuilles) et ça me plait, quand je vois des tags ça me donne envie de les photographier ! 2EME c'est qu'une fois que les tags ou les graphe sont faits on ne retague plus dessus !


Quel est la diférence entre les tags et les graphes ?


La diférence entre les tags et les graphes, est que : les graphent sont une sorte d'écriture qui varie selon les personnes comme l'image numéro 2, les tags sont aussi une écriture sauf qu'elle se complète avec des dessins comme l'image numéro1. La plupart des gens préfèrent les tags, mais certains préfèrent les graphes, quelque chose d'assez simplet. Il/s faut savoir que les tags sont beaucoup plus longs à faire que les graphes, mais touS deux sont difficiles. Si vous voulez vous mettre à taguer (sur feuille) il faut vraiment bien dessiner, et un conseil :
commenceZ à faire des graphes, ça sera déjà bien ! Pour savoir comment faire des graphes, ils y a quelques exemples dans des magazines, sinon plus gros, il y a des expositionS spécialement pour ça. Ou alors : le plus simple et le moins cher c'est de regarder autour de vous !


Le vrai vendalisme !

Le vrai vAndalisme, c'est ceux qui prennent du plaisir à écrire leur signature !
C'est moche et en plus ils le font partout, si vous voulez faire genre devant vos potes, faites des VRAIs tags, des VRAIs graphes, et non pas votre signature !
Ceci n'impressionnne personne, et ça peut vous causer autant d'ennuis qu'un tag/s ou d'un graphe, sauf que c'est moins beau !
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Postby Kefli! » December 7th, 2004, 1:15 am

c'est pas un vrai forum rassures moi ?

en france il y a des blaireaux profonds!!!

-"faudrai qu'ils taggent leurs graphes tous sur le meme mur"

ce serait pas la merde ....

-oui et puis je trouve ça moche.
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Postby g » December 7th, 2004, 1:06 pm

Kefli! wrote:c'est pas un vrai forum rassures moi ?


ben si !
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Postby g » December 7th, 2004, 5:45 pm

d'un quotidien malgache en ligne

> http://www.lagazette-dgi.com/simu/dev.php?id=24344

Graffiti:Exprimer sa colère pacifiquement
30/11/2004

Des phrases condamnatrices écrites à la bombe ou à la peinture…les murs de la capitale ont toujours été, depuis longtemps, un support privilégié par les idéalistes pacifistes pour vulgariser leurs points de vue. Pour communiquer à la masse leurs opinions concernant les dirigeants et leurs désaccords sur leur « soi-disant bonne gouvernance », certains croient plus efficaces de recourir aux remparts de la ville. Ils sont futés, cela il faut le reconnaître, puisque les citadins ne manqueront pas ces inscriptions au police démesuré. Les textes sont souvent hargneux et critiques. Ils sont concis et lapidaires. La plupart du temps, ce sont des agressions lancées à l’encontre des personnalités politiques, salissant leur nom et ceux de leur entourage.
Ces écrits acerbes foisonnent quand le pays traverse une crise, d’ordre sociopolitique comme actuellement. Mais pour le moment, ces « artistes » ne sont pas vraiment au rendez-vous. Une panne d’inspiration ? Certainement pas. Ce sont peut-être les matériels qui sont devenus trop chers avec l’inflation. Et si les murs de la capitale
s’étaient saturés avec le temps…Bref.
Ecrire sur les frontons est un acte illégal puisque cela porte atteinte à la propreté de la ville (comme si la netteté était une réalité…) Nous n’avons aucune intention d’encourager ce phénomène, mais il faut admettre que certaines notes font preuve de beaucoup de clairvoyance. Le langage utilisé est un peu acide pour les gens bien éduqués, mais à part cela, certaines réflexions sont très réalistes. Actuellement, on s’aperçoit que les tracts imprimés sont aussi de mode.

Rina Ralay-Ranaivo
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Postby CRE » December 7th, 2004, 6:20 pm

...moi j'aime bien les animaux.
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Postby g » December 7th, 2004, 8:33 pm

> http://www.cyberpresse.ca/actuel/articl ... 861308.php

en direct de Montréal
une trés belle leçon sur l'affichage !

Éloge de l'affiche
Mali Ilse Paquin


Sales et banales pour les uns, belles et vivantes pour les autres, les affiches longeant les chantiers de Montréal ne font pas l'unanimité chez les passants. Elles n'en sont pas moins des objets d'art urbain qui animent les couloirs de la ville depuis plus d'un siècle.


Au début des années 80, un jeune artiste du nom de Baudoin Wart jouait au chat et à la souris avec les policiers pour coller les affiches de ses potes de La La La Human Steps sans permis de la Ville. Vingt ans plus tard, le rebelle d'alors se retrouve à la tête de Publicité sauvage, une compagnie d'affichage qui n'a de sauvage que le nom puisque les autorités ont légalisé ses activités en 1994.

Depuis qu'elle a envahi les murs des chantiers, l'affiche jouit d'une visibilité sans précédent. Certaines sont faites par des artistes reconnus (Vittorio Fiorucci pour le Festival Juste pour rire, Alain Lebrun alias Lino pour le Théâtre de Quat'sous, Mario Mercier pour les Rendez-vous du cinéma québécois), d'autres sont de type plus commercial. Et même si ces «œuvres» éphémères sont parfois moches et vite oubliées, il reste que le béton serait bien triste sans cette tapisserie chaotique. «Les affiches apportent de la couleur, de la vie aux rues de Montréal, dit Isabelle Jalbert de Publicité sauvage. Avec une durée de vie allant de quelques heures à une ou deux semaines, elles donnent aussi le pouls de la vitalité culturelle et urbaine. Plus vite elles bougent, mieux la ville se porte!»

Fanas d'affiches

Marc Choko, directeur du Centre de design de l'UQAM, estime grandement le travail des affichistes locaux. À tel point qu'il a expédié en France une palissade d'affiches de 32 pieds, extraite de la rue Sherbrooke, pour Main Design, une exposition sur le design graphique québécois présentée en novembre dernier à la Biennale internationale de Saint-Étienne- et qui sera à Montréal du 13 janvier au 13 février prochains. «Une ville habillée d'affiches est le plus grand musée gratuit qui soit. Il ne faut pas se raconter d'histoires, elles sont avant tout des produits commerciaux. Une bonne affiche possède toutefois de grandes qualités artistiques», affirme le professeur, auteur de L'Affiche au Québec, des origines à nos jours.

Le designer et architecte Louis-Charles Lasnier a également mis l'affiche de rue en vedette dans l'installation Lire la ville, une commande du Centre canadien d'architecture pour laquelle il avait carte blanche. Les afficheurs de Publicité sauvage ont ainsi été invités dans les couloirs souterrains du Quartier international jusqu'en mai dernier pour y placarder derrière une vitrine leurs prises de la semaine. Louis-Charles Lasnier voulait ainsi provoquer une réflexion chez les passants quant au contrôle de l'espace urbain sur la circulation d'idées et la diffusion d'informations.

«Le fait de présenter les affiches derrière une vitre leur redonnait des lettres de noblesse en tant qu'objets d'art. Or, beaucoup de gens n'ont même pas remarqué qu'il s'agissait d'une installation. Ils croyaient qu'elles étaient là en attendant une exposition. C'est que les affiches font tellement partie de notre quotidien! Nous ne réalisons pas à quel point elles animent la ville. Quand nous les avons retirées des couloirs, une sorte de silence s'est installé. J'aimerais faire l'exercice d'enlever toutes les affiches des rues pour voir la réaction des gens. Des quartiers perdraient beaucoup de leur vitalité.»

Affiches pop

Qu'elle plaise ou non, une bonne affiche est celle qui accroche le regard du passant et l'intrigue. C'est ce que le publicitaire Jean-Jacques Stréliski appelle la technique de l'interpellation. «Il doit y avoir un effet de choc, dramatique ou humoristique. Les meilleures affiches sont toujours les plus simples visuellement.» Michel Bouvet, affichiste français renommé, abonde dans le même sens. «Le message doit être compris en un quart de seconde grâce à une image forte. C'est beaucoup plus dur qu'il n'y paraît.»

Les afficheurs eux-mêmes contribuent aussi à l'esthétique de ces réclames. Plusieurs bariolent avec créativité les murs des chantiers, tels des bédéistes. Philippe Cool- c'est son vrai nom- de Publicité sauvage réfléchit toujours sur l'effet qu'il veut produire quelques minutes avant de se mettre à la tâche. «Je sélectionne les affiches selon leurs couleurs pour créer des dégradés ou des contrastes. Parfois, je m'amuse à former des colonnes ou des effets damiers. Quand je suis inspiré, je sens presque mes affiches shaker et s'exciter dans mon sac.»

Au-delà de sa fonction publicitaire et de ses qualités artistiques, l'affiche comporte aussi une valeur historique. Elle devient en quelque sorte la mémoire vivante d'une société. «Les affiches accompagnent les grands mouvements sociaux, affirme Marc Choko. Prenez l'arrivée du féminisme ou la crise d'Octobre au Québec, par exemple. Ces événements-clés ont aujourd'hui des affiches pour témoigner de leur importance.»

Michel Bouvet va encore plus loin dans cette réflexion. «L'art graphique est sans doute le meilleur reflet de la société contemporaine. Dans trois ou quatre siècles, un individu comprendra plus notre époque avec l'art populaire qu'à travers l'art contemporain. Les pochettes de disques, les affiches, la publicité...c'est ce qui donnera le meilleur reflet du monde dans lequel nous vivons.»

___________________________________
L'exposition Main Design sera présentée au Centre de design de l'UQAM du 13 janvier au 13 février 2005.
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Postby papasmurf » December 8th, 2004, 1:25 am

en tout cas le chat sur le parvis il est enorme!!!
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Postby dav » December 15th, 2004, 3:31 pm

g wrote::wink:

il y a tellement mieux chez lui....notamment son chef-d'oeuvre "La Jetée"
qui aurait largement inspiré Terry Gilliam pour "L'armée des 12 singes"



Moi je dirais même qui A largement inspiré Gilliam puisque l'armée des 12 singes en est une adaptation, quasiment un remake...

De c. Marker je vous conseille le moyen-métrage documentaire "Les statues meurent aussi" (statues also die) réalisé avec alain Resnais en 1953, ça parle du pillage de l'art africain, du colonialisme etc. tout ça a une époque où ces sujets étaient loin d'être faciles ...vu que le film est résolument anti-colonialiste & anti-raciste (disons que + de 50 aprés c'ets plus "brulôt" mais resitué dans le contexte il n'en demeure pas moins assez fort, surtout coté commentaires) ...il a d'ailleurs été interdit par la censure pendant 10ans.
Image
http://dvdtoile.com/Film.php?id=7254&page=4
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Postby DuBwIsE !!! » December 16th, 2004, 12:16 pm

:lol: TRANE se recycle ...

"Nous pensions que nos principaux clients seraient des jeunes hommes, mais certains ont la soixantaine"

http://www.liberation.fr/page.php?Article=261754

:lol: :lol: :lol:
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Postby DuBwIsE !!! » December 17th, 2004, 1:25 pm

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Postby DuBwIsE !!! » December 17th, 2004, 1:37 pm

http://www.fluctuat.net/article.php3?id_article=1879

Bons baisers de Paris

Chats Perchés - Chris Marker
Documentaire. France, 2004, 59 mn




Aller-retour sur Chats Perchés de Chris Marker, diffusé récemment sur Arte, au Centre Pompidou, à la BNF et disponible aujourd'hui exclusivement en ligne avant sa sortie en mars 2005. Une lettre d'amour belle et ludique dédiée au chat, en forme de palimpseste réflexif sur l'actualité.


Un nouveau film de Chris Marker c'est un peu comme une nouvelle pièce aux journaux filmés de Jonas Mekas (sur lequel Fluctuat reviendra bientôt). C'est à la fois un événement et une manière de constater l'étonnante vivacité d'esprit et l'acuité visuelle d'un cinéaste octogénaire partageant un don et un amour pour l'écriture et la poésie. Bien que les œuvres des deux hommes soient opposées, chacune reflète un engagement fort, presque radical, envers le cinéma. Un cinéma sans concession souvent réalisé avec ses propres moyens pour des films dont la constante est d'être en contact avec le monde. Si le cosmos de l'exilé lituanien a été ses proches, celui de Marker aura été le monde. Pour ces deux figures, la géographie est ainsi histoire de biographie en filigrane : Mekas contraint à l'exil, Marker toujours en exil. L'un et l'autre partagent avec la distance une manière de se resituer, d'être face à soi-même. Tous deux obsédés par la mémoire et par le temps, ils sont des cinéastes dont le présent n'est que l'éternel tournage d'un avenir à contempler en images.

Petit carnet de ballades parisiennes
Eternel voyageur, véritable globe trotter à la caméra, Chris Marker n'a jamais caché sa passion pour une certaine forme d'errance filmique à laquelle il donne une structure au montage. Fasciné par le Japon où il tourna des parties du miraculeux Sans Soleil ou encore Level Five, le cinéaste a souvent montré au travers de son œuvre son amour immodéré des chats, animal très présent dans la culture nippone et asiatique en général. Cinéaste très engagé politiquement (création des groupes Medvedkine avec des syndicalistes à la fin des années soixante, entre autres), Marker s'est souvent posé comme le sismographe des grands mouvements politiques du monde, toutes les gauches en tête avec Le Fond de l'air est rouge comme œuvre majeure. Touche à tout, il a autant travaillé en 16 mm qu'en vidéo, ainsi qu'au montage, au son et à la caméra, et il a même créé un cd-rom Immemory (in Dossier spécial Cédéroms en 1999). Curieux, moderne, Marker ne s'est jamais fixé dans une époque, il préfère célébrer les initiatives des jeunes du collectif Kourtrajme plutôt qu'un cinéma français faisant des films davantage institutionnels. Marker préfère la pensée en acte, il est plus attaché à la nécessité pour certains de saisir une caméra DV - quitte à faire un cinéma fauché -, qu'à celle de créditer un quelconque cinéma militant. Chez Marker comme pour Mekas, le cinéma et la vie vont ensemble, sans que pour autant celui-ci doive imiter celle-là, puisqu'il s'agit au contraire de toujours transcender le réel.

Ainsi, les premières images de Chats Perchés s'apparentent à un petit carnet de ballades parisiennes jouant volontiers au jeu du chat et de la souris. Des images assez pauvres, de la DV banale, vidéo à peine (re)travaillée, presque le film du premier venu, une bobine de touriste. Pourtant très vite cette esthétique appauvrie du plan et de la lumière devient obsolète, le film s'impose par son montage et surtout son écriture, son adresse. Chats Perchés c'est d'abord l'homme et sa caméra dans Paris à la recherche de M. Chat, un graffiti peint sur les murs et les toits de la capitale. Une figure naïve et souriante inspirée d'un dessin d'enfant. Une sorte d'effigie pacifique à la fois quelconque et marginale, d'une subversion picturalo-urbaine soft. Devenant pour Marker une chimère qu'il va traquer au travers d'un long parcours où l'actualité s'égrène, M. Chat est le fil conducteur d'un parcours où la France est la toile de fond. Débutant en 2001 dans l'après 09/11, le film passe chronologiquement par les grands moments de notre actualité récente : du 21 avril aux manifestations contre la guerre en Irak, de la révolte des intermittents jusqu'à l'affaire Bertrand Cantat.

Deux films en un
Chats Perchés touche immédiatement par sa simplicité géniale. Avec son dispositif minimal, ses images volées, son montage rudimentaire où l'auteur s'amuse à faire des allers retours constants des premières techniques du cinéma (carton du cinéma muet) aux dernières (le « morpheye », bidouillage à la palette graphique avec laquelle le cinéaste joue à déformer le visage des grands de ce monde), Marker s'impose par sa dialectique aussi ludique que malicieuse. A la fois ironique mais jamais cynique, il marche et décrypte, toujours à distance et paradoxalement au plus près, le nez dans la foule. De ces visions urbaines qu'il vole tel un nouveau Dziga Vertov vidéaste, baladant sa caméra de manifs en rames de métro, ne dissimulant jamais l'objet de son second regard, à l'intervention de l'écriture par le montage, Marker trouve toujours une position juste. Léger, drôle, il s'amuse autant de l'image des joueurs de football français pour la coupe du monde de 2002 dont les portraits s'affichaient selon « des dimensions staliniennes » que de la campagne présidentielle de la même année. Le film qui se proposait d'être « un petit film d'atmosphère simple et sans prétention » capte le monde au travers de sa chasse aux chats que l'on ne perd jamais de vue.

Il y a un peu deux films en un dans Chats Perchés, celui sur M. Chat et l'autre sur Marker et l'actualité. Mais ces deux films n'existent que l'un par rapport à l'autre. Pourtant on pourrait légitimement se sentir plus attiré par la quête des chats que par le regard sur l'actualité, tant celle-ci peut paraître observée de manière un peu superficielle. Tant cette empathie de Marker pour les révoltes en kit des lycéens du 21/04 ou ces manifestations contre la guerre en Irak révèlent une position consensuelle et (trop) bien pensante (sans s'attarder sur la lourdeur de la partie sur Cantat). Mais, de ce Chats Perchés qui rappelle un peu Le Joli Mai, on est tenté de proposer une autre interprétation. L'actualité et les images que Marker en saisit se déroulent. Elles ne s'arrêtent pas ; à peine le temps de les resituer que Marker les ponctue d'une remarque souvent audacieuse, et puis le film passe à autre chose. Autre moment, sur la piste de M. Chat, l'enquête continue. Ce qui compte peut paraître alors davantage le facteur humain que l'instant, moins la prise de position ponctuelle que généralisée, le fait qu'il y ait encore des révoltes, qu'on descende dans la rue. Compte moins la cause que l'action, la justice que le mouvement, la solidarité. Au fond, ici les partis n'ont plus d'importance, l'engagement politique n'a plus de couleur parce que peut-être celles-ci sont trop délavées, et Marker en est parfaitement conscient. Ainsi, lorsque des intermittents entonnent une chanson populaire, Marker ne loupe pas les paroles et sursaute sur le mot « kommandantur ». C'est dans ces moments que Chats Perchés devient à l'image de son animal fétiche, qu'il apparaît comme l'œuvre d'un sage. Celle d'un homme ayant traversé les plus grands sursauts politiques du XXe siècle, un homme probablement déçu des idéaux et qui se tourne vers un certain humanisme, un homme de lettres et de langage capable de déstructurer ce qui se fond dans la masse. On accepte ou pas, mais la sagacité du cinéaste sait néanmoins souvent appuyer avec une gravité toujours optimiste là où ça fait mal.

Ne pas faire confiance aux images
Deux films en un c'est ainsi la nature un peu bicéphale de Chats Perchés, un film de Chris Marker et malgré lui d'un anonyme, « l'artiste » M. Chat. L'enquête autour du chat est la partie la plus passionnante du film parce que la plus troublante et qu'elle se défile. Progressivement la traque du personnage devient un véritable questionnement sur l'image entrant en corrélation avec la fluctuation de l'actualité. Le réel du chat (la preuve par l'image de son existence figurative) traverse la réalité du quotidien. L'un et l'autre deviennent liés. Petit à petit le doute s'installe, ce chat existe-t-il ? Marker a-t-il tout inventé ? A force de manier diverses preuves dont on doute de l'authenticité (Internet, les images des manifestants pour M. Chat), le film finit par bouleverser nos certitudes. S'agit-il d'une illusion ? Jusqu'à la disparition des chats, effacés par la mairie de Paris, on n'en finit pas de s'enfoncer dans une remise en perspective constante de la vision. Ce jeu sur le regard et l'effacement des preuves convoque de fait la nature superficielle de l'actualité, il nous demande presque de ne pas faire confiance aux images. Le parallèle d'une quête à l'autre (chat et actualité) montre presque l'impossibilité foncière d'apporter les images comme preuves tangibles du réel. Il faut l'écrire, en faire sa poésie ; il faut faire montage pour que les images donnent la différence et trouvent leur adresse afin d'être invitées à la réflexion.

A sa manière, par cette traversée ludique, Marker chante ainsi l'amour des chats au travers d'une re-contextualisation documentaire qui lui sert à mettre en parallèle la figure insoumise propre à l'animal avec un certain élan de la jeunesse et du monde. Marker nous écrit donc une lettre filmée de nos dernières années hexagonales, une sorte de poème optimiste mais réaliste et lucide où le graffiti du chat est aussi une sorte de tract à la fois dérisoire, existentiel et philosophique. Chats Perchés est aussi simple, court, léger qu'atmosphérique et son style aussi brillant, généreux qu'inventif. C'est un de ces films qui s'adresse à tous, un film à l'écriture rare.

Chats Perchés
Un film de Chris Marker
Documentaire. France, 2004, 59 mn
Production : Les Films du Jeudi, en association avec ARTE France

[Illustration : © Chris Marker / M. CHAT]




(15 décembre 2004

Jérôme Dittmar)
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Postby g » January 3rd, 2005, 10:34 am

on commence 2005 en force !


> http://www.kltv.com/global/story.asp?s=2743192

Five PA youngsters charged in graffiti blitz blamed on video game


GREENSBURG, Pa. Five middle-school boys in Greensburg, Pennsylvania, have been arrested, charged in a graffiti blitz they blame on a video game.
The boys range in age from 12 to 14 and are charged with institutional vandalism, criminal conspiracy, criminal mischief and desecration of venerated objects.

Police in the western Pennsylvania town say the youngsters have admitted spray-painting the initials "G-K-U" on more than a dozen buildings, including a synagogue, an art museum and a Christian thrift store. The initials supposedly stand for "gang kids united." Police say the boys claim they were inspired by the video game "Grand Theft Auto: San Andreas."

Copyright Associated Press.

> http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmat ... e_les.html


La police décime les sprayeurs


NEUCHÂTEL La police a enquêté spécialement pendant un mois pour identifier les auteurs de graffitis récurrents sur les trains et sur les murs depuis cinq ans. Efficace opération: 27 personnes ont été interpellées

Coup de filet dans le milieu neuchâtelois du graffiti. La police cantonale a interpellé sur le Littoral 27 personnes - dont une mineure - au terme d'une vaste opération menée le mois dernier. Ces personnes seraient responsables de nombreuses peintures perpétrées dans le canton, notamment sur des trains ou aux abords d'autoroutes. Les dégâts sont estimés à plusieurs milliers de francs. «Trois personnes sont encore en détention préventive. L'enquête se poursuit et d'autres interpellations pourraient intervenir ces prochaines semaines», prévient André Duvillard, porte-parole de la police cantonale.

L'enquête a démontré que les graffiteurs ont sévi dans la région neuchâteloise, mais aussi dans les cantons voisins, ainsi qu'en France et en Italie. Les infractions dénoncées ont été perpétrées depuis 1999, occasionnant le dépôt de plus d'une centaine de plaintes pénales. Les auteurs ont été confondus par la police au terme d'une enquête spécifique. «Nous disposons dans chaque district d'un policier spécialisé dans le phénomène des tags et graffitis. Pour régler ce problème récurrent, nous avons décidé de mettre tous ces agents en commun durant un mois au sein d'une task force. Et nous avons été nous-mêmes étonnés de son efficacité.»

Les limiers ont comparé leurs archives photographiques de dessins et ils ont procédé à de nombreux recoupements. Ils ont notamment reconnu des «signatures» en consultant la presse spécialisée en graffitis, «dans laquelle certaines des personnes interpellées s'affichaient comme des auteurs de graffitis légaux». Les graffiteurs identifiés peuvent être poursuivis pour dommages à la propriété. Certains sont multirécidivistes. «Parmi eux, il y a des gens qui ont un certain talent, reconnaît André Duvillard, mais ils l'ont exprimé au mauvais endroit.»
© Le Matin Online



http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmat ... edito.html

Coup de spray pour l'exemple

PATRICK DI LENARDO


Les graffitis ne laissent pas indifférents, et c'est bien là leur but. Nuisance pour certains, expression graphique pour d'autres, ils agressent l'oeil du passant, mais égaient parfois aussi certaines tristes murailles, par leurs couleurs, voire leur humour. Or, même s'il est parfois exprimé avec force talent, cet art mural l'est aussi souvent dans la plus parfaite illégalité, au détriment de propriétaires d'ouvrages qui, même s'ils peuvent s'avérer esthètes, auront la charge de payer un éventuel nettoyage.

Aussi, cette intrusion de peinture sans droit dans la cité joue sans doute un rôle non négligeable dans le sentiment - très subjectif - d'insécurité que peuvent ressentir certains citoyens dans nos villes. En conséquence, le coup de filet de la police neuchâteloise parmi les graffiteurs, qui sprayaient rames de trains ou tunnels routiers, se veut surtout exemplaire. A l'égard de la population d'abord, et notamment des propriétaires d'immeubles graffités. Les forces de l'ordre ont voulu montrer qu'elles veillent à ce que le non-droit ne soit pas (plus) la règle. Du moins en ce qui concerne le graffiti.

Le message s'adresse aussi à ceux qui transgressent la loi pour exprimer leur art ou leur révolte par le biais du spray coloré. La police n'est pas dupe: elle sait que ces infractions relèvent de la petite criminalité, et que les auteurs, s'ils passent en justice, n'encourent que l'amende, au pire l'emprisonnement. Mais les autorités confient avoir observé que ce genre d'arrestations groupées signe à chaque fois un tassement immédiat des cas de tags et de graffitis dans la région durant les mois qui suivent. Vu l'importance de la rafle cette fois-ci, on peut augurer aux murs neuchâtelois une prochaine ère de calme.
© Le Matin Online
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Postby eko » January 3rd, 2005, 12:53 pm

g wrote:La police n'est pas dupe: elle sait que ces infractions relèvent de la petite criminalité, et que les auteurs, s'ils passent en justice, n'encourent que l'amende, au pire l'emprisonnement.


Ah bon y'a pire que les amendes et l'emprisonnement ?

Le lynchage ? La torture ?
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Postby g » January 3rd, 2005, 6:06 pm

eko wrote:
g wrote:La police n'est pas dupe: elle sait que ces infractions relèvent de la petite criminalité, et que les auteurs, s'ils passent en justice, n'encourent que l'amende, au pire l'emprisonnement.


Ah bon y'a pire que les amendes et l'emprisonnement ?

Le lynchage ? La torture ?


et la peine de mort....
sans oublier la stérilisation médicamenteuse, le coup du turc (tu voles et hop on te coupe la main...), etc....

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Postby mwapa » January 3rd, 2005, 6:31 pm

"En conséquence, le coup de filet de la police neuchâteloise parmi les graffiteurs, qui sprayaient rames de trains ou tunnels routiers, se veut surtout exemplaire"


une nouvelle fois, la justice nous prouve son impartialité légendaire.... :?
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Postby g » January 4th, 2005, 9:52 am

let's go on .....

> http://www.lapresse.ch/nv/article.php?id=1737

Image
Une étudiante de la région voit ce tag tous les jours en allant à l’école. [ SD ]
Tags racistes dans les rues
Croix gammées et autres inscriptions dirigées contre les étrangers apparaissent périodiquement dans le Nord vaudois. Le phénomène n’inquiète pas trop la Police de proximité, qui reste cependant vigilante.

Acte raciste intentionnel ou plaisanterie de mauvais goût? L’espace public devient parfois le porte-parole involontaire de messages outrageants à l’égard de la population étrangère.
Certes assez petite, mais bien en évidence sur une toile de chantier de la gare d’Yverdon, l’inscription «no etrangers» a ainsi pu être lue par de nombreux passants en cette fin d’année. A la même période, Audrey Piguet, stagiaire à LA PRESSE Nord Vaudois, photographiait une croix gammée qu’elle observait tous les matins sur le chemin de l’école pour la rubrique «Arrêt sur image».
Serait-ce un phénomène de mode? La Police de proximité d’Yverdon ne s’alarme pas devant ces tags, mais reste vigilante. «C’est de la pure provocation. C’est désagréable et imbécile, mais il n’y a pas une volonté d’utiliser ces messages à des fins racistes. On n’a pas le sentiment de quelque chose de construit, émanant d’un groupe d’extrême-droite», estime le premier-lieutenant Serge Richoz.
Et si des croix gammées font périodiquement leur apparition sur les murs, elles sont rarement accompagnées de texte. Ces tags ne sont par ailleurs pas dessinés sur un établissement ou une propriété ciblés. «Nous sommes attentifs mais pas forcément inquiets», poursuit le chef de la Police de proximité.

Poursuivi d’office
Quant aux auteurs de ces tags, que risquent-ils? De manière générale, le graffiti est un dommage à la propriété qui ne se poursuit que sur plainte. Mais lorsque leur contenu est xénophobe, le délit peut tomber sous le coup de la norme pénale antiraciste de l’article 261 bis du Code pénal. Dans ce cas, le délit se poursuit d’office.
Les conditions sont cependant restrictives. Selon Jean-Claude Gavillet, juge d’instruction de l’arrondissement du Nord vaudois, il faut que l’acte soit intentionnel pour que l’infraction soit retenue. L’auteur doit donc avoir voulu discriminer une personne à cause de sa race, son ethnie ou sa religion, ou propager une idéologie.

Effacer les tags
C’est un peu le même principe qui guide la Police lorsqu’il s’agit de soustraire ces tags à la vue du public. S’il s’agit de petites affaires, les forces de l’ordre comptent sur le propriétaire concerné pour effacer le graffiti, ce qui n’est pas le cas lorsque la situation est plus grave. «Si les tags représentent par exemple une forme de parcours entre la gare et le centre FAREAS, la Police prend des mesures», illustre Serge Richoz.
Mais si des inscriptions à consonance raciste deviennent répétitives, la Police les prend au sérieux.
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Postby g » January 4th, 2005, 9:58 am

le ridicule en plus
( bientôt les free-party au Fouquet's ?)

> http://www.vogue.fr/mode/Cha%C3%AEne_&_ ... 0-info.htm

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Chaîne & Tag

Le ‘Chic Army’ version John Galliano pour Christian Dior…
Autrement dit une chaînette baptisée «Dior Tag», avec plaques militaires en métal et en pendentifs.
Sur chacune d’elles, une gravure ou un motif référence à la maison de couture : 1947 pour l’ouverture de la première boutique, le logo lui-même, les lettres en breloques…
Un détournement de valeurs à découvrir dès cette fin d’année en boutique…
SR
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Postby Popey » January 4th, 2005, 12:02 pm

Quand on sais qu'a la base c'est utilisé pour identifier des cadavres, ca laisse rêveur ces conneries...
:roll:
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Sarko en jogging a NYC... [Fr]

Postby afrotagger » January 5th, 2005, 2:46 pm

Alors que je regardais le nouveau Graffbombz(#24--Janvier 2005), je suis tombé sur le cul en lisant un ptit article assez incroyable sur Sarko ds les pages News du journal.
En effet, on y apprend que ce cher ex-ministre de l'Intérieur se met au streetwear lors de ces joggings matinaux à NYC(rien que ça...). Et photo à l'appui, on découvre un Nicolas-jogger comme il en existe des milliers à New York...
La différence, c'est qu'ici Sarko porte d'un T-shirt personnalisé sur lequel est inscrit..... "Zy'va Sarko" en tag(désolé je n'ai pas trouvé la photo sur le net, et je n'ai pas de scanner; Je précise que cette info était d'abbord parue dans VSD, puis a été relayée par le nouveau numéro de Gaffbombz. Donc pour la voir allez chez le libraire ou scannez-la et postez la ici pour les autres si vous l'avez.)! Le T-shirt a été réalisé par Shuck2 spécialement pour notre futur candidat à la présidence!!!!

Tout ça pour dire qu'on sent que ça approche de plus en plus les prochaines campagnes électorales hein...

Au fait, pour ceux qui ne situent pas le garçon, Shuck2 c'est sa:
http://www.graffiti.org/trains/shuck201.jpg
(( Shuck2 (D.U.C) " st lazare train" © 1994 ))
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Postby g » January 5th, 2005, 2:58 pm

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