REVUE DE PRESSE [ french ]

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AMANITE IS RIGHT !!!

Postby afrotagger » October 30th, 2004, 11:30 am

[quote]t'arrêtes pas, g, sont très instructifs tes articles... merci.[/quote]

Je suis entierement d'accord avec Amanite,
C'est bien la premiere fois ke je lis autant d'articles de journaux, surtout sur le net!!

Je t'en remercies, bourre nous ce topic d'un max de news comme celles-ci, car c'est vraiment tres instructif
Last edited by afrotagger on November 7th, 2004, 12:19 pm, edited 1 time in total.
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Postby g » November 4th, 2004, 11:39 pm

http://www.stopinfos.com/?page=interview&id=28

T-Kid, le graffiti dans les galeries d'art

Propos recueillis par Antoine Bréard à Paris le 01 novembre 2004

Le graffiti est un art. C’est incontournable. Et comme dans toute discipline, certains font figure de référence, de monuments indéracinables. T-Kid est l’un d’eux. A maintenant 43 ans bien sonnés, ce graffer de la première heure voit une rétrospective consacrée son œuvre à Paris. Visible jusqu’au 4 novembre au 37 rue des Acacias (17ème) sous la houlette de Taxie Gallery & Righters.com. Interview.

Stopinfos : Après tant d’années de pratique, le graffiti représente-t-il toujours la même chose pour toi ?
T-Kid : Evidemment. Le graffiti est et restera pour moi un mode de vie. C’est mon mode de vie. Le graffiti, c’est ma vie. Pour moi, c’est une question de réalité, de chance et de surtout ne pas avoir peur de « tracer » quelque chose de nouveau. Et évidement, de toujours exprimer ce que je pense. Si j’ai envie de dire quelque chose, je prends ma bombe et j’y vais. C’est ça le graff. C’est ma liberté. C’est ce qui me permet d’écrire ma vie.

S : Ton style est très populaire, mais comment le définirais-tu ?
T-Kid : Pour moi, c’est une combinaison de différents styles « old school ». J’ai été influencé par Padre Dos qui m’a appris le lettrage. Il m’a expliqué comment rendre mon style plus personnel. Quand mes lettres étaient trop larges ou pas assez fines, il me disait comment mieux faire. J’ai appris grâce à lui le flow du lettrage. Ensuite Tracy 168 m’a appris à faire des personnages. Un jour il m’a dit : « T-Kid, n’aie jamais peur de faire quelque chose de différent » et c’est ce que j’ai fait la plupart du temps. Et c’est ce qui fait mon style. Un peu de ceci, un peu de cela.

S : Maintenant, c’est toi qui influence les autres (comme Jay1 ou Mist), comment le prends-tu ?
T-Kid : Je mentirais si je disais que je m’en fous. J’en suis même fier. L’important, ce n’est pas de faire de la copie, mais d’imaginer que les gens disent : « ce que l’on veut faire, c du T-Kid ! », c’est excitant et à la fois incroyable.

S : Tu es une légende…T-Kid : Je ne sais pas si je suis une légende, mais en tout cas je viens de New York et je fais partie de cette ville. C’est ce que je suis : un représentant de New York qui est honoré que les gens aiment ce qu’il fait.

S : Et en tant qu’américain, ton pays est actuellement à un tournant. Tu penses quoi de tout ce qui se passe en ce moment ?
T-Kid : Pour moi, tout ce qui ce passe, c’est de la connerie. J’ai parfois l’impression de vivre dans un état fasciste. Les flics peuvent entrer chez toi pour rien, t’arrêter et ensuite de remettre en liberté sans que personne ne trouve à y redire.

S : Les choses peuvent-elles changer ?
T-Kid : J’espère qu’il y aura du changement mais évidement, je n’ai pas de prise sur cela. Et pour changer un système, il faut faire partie de celui-ci et moi je ne veux pas en faire partie. Je ne veux tout simplement pas qu’on me fasse faire autre chose que ce que j’ai décidé. C’est l’esprit du graffiti dont je parlais. Je graffe où j’ai envie parce que j’ai envie. Même si c’est interdit. Les mecs pourront m’arrêter mais je reviendrai après.

S : Et cet esprit, crois-tu qu’il est toujours le même alors que, comme d’autres artistes, tu es « entré » dans les galeries ?
T-Kid : Je pense vraiment que l’esprit, le feeling, perdure. Et il est dans la rue. Il faut que les types qui graffent aujourd’hui se disent : « je vais aller poser mon nom là », car l’essence du graff est là. Mais c’est la suite logique des choses. Je suis aussi à l’aise dans la rue que dans une galerie. L’important pour moi, c’est la durée. J’ai débuté en 1973 et je suis toujours là. Il n’y a rien à dire de plus.

S : Et comment expliques-tu que tu sois toujours là ?
T-Kid : Parce que je le veux, mec. Parce que j’ai quelque chose à dire. J’ai besoin de m’exprimer et je le fais avec style, donc pourquoi je m’arrêterais ? Après avoir été touché par une balle lors d’une bataille de gangs, le graffiti m’a permis de repartir d’un meilleur pied. Il m’a sauvé la vie. J’ai quitté le monde de la drogue et de la violence pour le graff. C’était plus qu’une thérapie, c’était une révélation. Et j’en ai fait ma vie.


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Postby g » November 9th, 2004, 9:35 am

>> MORT DE RIRE :lol:
cependant les clichés ont la vie dure en Saône et Loire

http://archives.lejsl.com/cgi/jsl_handl ... A0211.html

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Saint-Vallier
Aux Bois-Francs

La buvette du stade recouverte de graffiti



Le bâtiment refait à neuf complètement recouvert de graffiti

Cette semaine, des actes d'incivilité ont été accomplis dans le quartier des Bois-Francs et plus particulièrement à la buvette du stade municipal face aux écoles.
En effet, ce bâtiment avait repeint à neuf dernièrement par les services techniques de la municipalité. Maintenant, il est complètement souillé par des graffitis réalisés à la bombe de peinture n'ayant aucun sens et tout est à refaire. Des actes idiots qui ont été accomplis peut-être par des jeunes désœuvrés durant ces vacances scolaires et les travaux de réfection seront comme d'habitude à la charge des contribuables, à moins qu'on ne retrouve les auteurs de ces faits pour se retourner du côté des parents !
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Postby Pork » November 9th, 2004, 10:14 am

NE JAMAIS TOUCHER LA BUVETTE DU VILLAGE :lol:
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Postby hatboy » November 9th, 2004, 3:44 pm

"Des actes idiots qui ont été accomplis peut-être par des jeunes désœuvrés "
ben ui ya que des jeunes desoeuvres pour faire ca... des ptis bourges ne feraient pas ca...! :roll:
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Postby g » November 10th, 2004, 9:02 am

http://www.lorient.maville.com/actu/det ... 9&IdCla=12

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>Le plasticien allemand Kiddy Citny s'était réservé tout le pan ouest.Photos Thierry Creux

dimanche 7 novembre 2004

Lorient refait et détruit le mur de Berlin


Quinze ans après, des artistes scindent une ville en deux. Attention message !
Rue du Port à Lorient. Il est 10 h. L'artère vient d'être coupée en deux. Lorient-Est et Lorient-Ouest. Check points, passeports obligatoires, panneaux indicateurs en français et en allemand. De quoi déconcerter le paisible chaland habitué, le samedi, à emprunter, cette rue piétonne, la plus commerçante de la ville. L'opération intitulée « Permis de détruire » célèbre, à sa façon, les 15 ans de la chute du Mur de Berlin. « Mais, nous voulons aussi interpeller le public sur tous les murs qui s'érigent dans le monde », s'empressent d'ajouter les initiateurs de ce happening urbain. Qui sont-ils ? Une association « Manu Manu » spécialiste de l'événementiel artistique, des vidéastes, le tout avec la bénédiction des élus d'une ville qui a encore des comptes à régler avec son histoire de cité détruite.

Chapkas et lunettes noires

Et qu'en ont pensé ceux qui, involontairement, se sont retrouvés face à ce curieux barrage ? Il avait été érigé, ironie du sort, entre les deux grandes librairies de la ville, Médiastore, l'ancienne, et la Fnac, qui attire depuis sa toute fraîche ouverture, une foule énorme sur le parvis de la place Aristide-Briand. Beaucoup de gens, avouons-le, ont été indifférents et se sont laissé gentiment guider du secteur Est au secteur Ouest de la rue du Port, pour poursuivre leurs emplettes. Les enfants et les adolescents ont été les plus interloqués. À ceux qui demandaient « pourquoi on peut pas passer ? » a été servi un joli cours d'histoire, par une armée de bénévoles aux frontières. Presque tous s'étaient coiffés de sombres chapkas et se cachaient derrière des lunettes noires, pour accentuer sans doute, la gravité du propos.

Les inventeurs de cette manifestation avaient songé à saupoudrer ce remake de Berlin emmuré avec des animations musicales, graphiques, théâtrales. Le groupe lorientais Neej a donné de la voix : musiques tribales et paroles à thèmes. Dans les haut-parleurs de la ville sonorisée, Nina Hagen passait en boucle. Sur le mur, blanc au départ, des taggers (bourrés de talents) ont vite fait, bien fait, coloré l'espace. Le plasticien allemand Kiddy Citny, invité d'honneur, qui a peint le vrai mur de Berlin, s'était quant à lui réservé tout le pan ouest. Un mur d'écriture était aussi à disposition de ceux qui voulaient livrer leurs impressions. « Les sots gouvernent les sots », « Un mur est tombé et les autres ? » « Pour toutes les formes de liberté » pouvait-on y lire. Au pied du mur, Catherine, une Lorientaise, s'est laissé photographier avec un authentique petit bout de béton ramassé à Berlin. « C'est mon fils qui était au service militaire là-bas qui me l'a rapporté. Cette manifestation m'émeut profondément. » Pendant ce temps, trois gamines jouaient à cache-cache contre le mur lorientais éphémère. À 19 h, le panneau tombait. Lorient était une nouvelle fois libérée.


Françoise ROSSI.
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Postby g » November 10th, 2004, 9:06 am

http://www.leparisien.com/home/maville/ ... =241181446

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Clairoix

Des graffeurs à l'assaut de Continental

DEPUIS un peu plus d'un mois, un collectif de graffeurs compiégnois, 15 C, s'est attaqué à un mur du manufacturier de pneumatiques Continental à Clairoix, pour y réaliser une fresque aux couleurs bigarrées. « Le résultat est surprenant et intéressant. C'est un bon point pour notre image au sein du groupe.

Pour les quelque 260 jeunes que nous avons embauchés ces derniers mois, car cela correspond à leur culture. Mais aussi pour nos clients et partenaires extérieurs. Les gens sont intrigués et surpris dans le bon sens. Lorsque les voitures sont bloquées au feu rouge ou devant le passage à niveau, les gens regardent systématiquement dans la direction de la fresque. »
Cahier des charges et maquette Jean-Pierre Bibaut, responsable sécurité du site, est enthousiaste. C'est lui que le collectif a contacté voilà environ huit mois pour lui présenter le projet. Il revient sur la genèse de cette aventure : « Lors de notre première rencontre, ils souhaitaient que nous leur laissions à disposition un mur et carte blanche pour y réaliser une fresque. J'étais dubitatif, mais par curiosité je suis allé voir avec eux le travail qu'ils avaient déjà réalisé sur 150 m au bord de l'Oise, sur le site Robbe de Venette. J'ai pris des photos et j'en ai parlé en comité de direction. Tout le monde était partant, y compris notre responsable de site, Thierry Wipff. »Plutôt que de laisser entière liberté aux jeunes graffeurs, les responsables de Continental ont préféré opter pour les figures imposées : l'entreprise paie les bombes de peinture, mais choisit les sujets qu'elle veut voir traités sur la fresque. Dans le cahier des charges fourni au collectif 15 C pour la réalisation d'une maquette, figurent quelques éléments importants pour la marque, que les responsables veulent mettre en avant, deux événements sportifs, pour lesquels Continental est partenaire : la Coupe du monde 2006 de football, qui se déroulera en Allemagne, le trophée Andros de sport automobile sur glace. Ainsi que la recherche bionique, qui consiste à transposer des caractéristiques techniques du monde animal, pour un produit comme le pneumatique. « La maquette a été validée et le travail réalisé à partir de celle-ci est très sérieux et dépasse même les espérances. Une fois la fresque terminée, nous avons l'intention de communiquer à l'interne sur celle-ci », soutient Jean-Pierre Bibaut. Pour autant, ce dernier, en tant que responsable de la sécurité du site, a tenu à prendre les précautions d'usage, comme c'est le cas pour une entreprise prestataire extérieure. « Avant de démarrer leur chantier, les jeunes ont été informés sur le règlement intérieur, les consignes de sécurité et nous les avons formés à la conduite d'une nacelle », souligne-t-il. « Voilà cinq ans qu'on peint, et ça fait trois ans qu'on démarche les entreprises pour leur montrer ce qu'on sait faire. » Michael est un des grapheurs qui ont oeuvré à la manufacture de pneus. La fresque réalisée à Clairoix fait une quarantaine de mètres de long, avec des vagues sur 4 à 5 m de hauteur. Il a fallu plus de 1 500 bombes de peinture pour la réaliser. On peut joindre le collectif à l'adresse e-mail coco.hihanATcaramail.com.

par Carlos Da Silva
Le Parisien , mercredi 03 novembre 2004
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Postby g » November 13th, 2004, 10:14 am

> http://www.liberation.fr/page.php?Article=249785&AG

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E-vrac
vendredi 29 octobre 2004 (Liberation - 06:00)

Jetez votre Lonely Planet aux oubliettes et saisissez votre téléphone portable. Pour découvrir la Grosse Pomme hors des sentiers battus, traquez les petites flèches jaunes qui ont fleuri partout dans New York depuis septembre avant de contaminer le reste du monde. Chaque fois qu'on tombe sur ce petit sticker au coin d'une rue, il suffit d'envoyer un SMS avec un point d'interrogation pour découvrir le message qui lui est rattaché.

Les organisateurs ont distribué des milliers de petites flèches lors de concerts, de vernissages, etc. Les détenteurs pouvaient ensuite les coller où bon leur semble, afin d'attirer l'attention sur un resto, un pont, un monument, un graffiti qu'ils apprécient. A chaque flèche collée, ils peuvent associer un petit texte qu'ils déposent sur le site www.yellowarrow.org (trivial, «cette taqueria sert les meilleures tostadas», ou philosophique, comme la réflexion rattachée à cette flèche pointant le drapeau américain dans le métro : «Le patriotisme est un costume, et même notre métro le porte»). Comme chaque sticker porte un code unique, les passants qui se retrouvent nez à nez avec ce tag virtuel peuvent interroger le site par SMS qui leur renvoie le texte assorti à la flèche.

L'avis de quartier

Le site Twenty-four dollar Island (http://24dollarisland.net) propose aux habitants de Lower Manhattan de participer à un guide collaboratif du quartier. Partant du constat que rien ne se démode plus vite qu'un guide papier, son objectif est de créer une cartographie documentée sur le Web, gratuite et actualisée, en demandant aux gens qui y vivent ou qui y travaillent de partager leurs histoires. Chacun peut contribuer en ajoutant des informations sur les musées, des endroits où dormir pas cher, des réflexions sur les événements politiques locaux, des coins cachés, des images, des histoires personnelles rattachées à un lieu...

Un SMS, des amis

Idéal pour ne plus jamais trinquer seul dans un bar, cette application pour téléphone portable, qui fait la synthèse entre localisation géographique et réseaux sociaux, fait fureur chez les célibataires new-yorkais. Le service est simple. On précise l'endroit où l'on se trouve, en envoyant un SMS. Le programme envoie alors un message à tous nos amis pour leur signaler où l'on est et renvoie un SMS pour nous prévenir si des amis, ou des amis d'amis, se trouvent dans un périmètre de 10 blocks. Si l'on dispose d'un appareil muni d'une caméra, dodgeball.com enverra en plus leur image. Au préalable, on aura pris soin de constituer notre liste d'amis, sur le modèle des réseaux en ligne à la Friendster.
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Postby DuBwIsE !!! » November 14th, 2004, 1:14 am

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Postby eko » November 14th, 2004, 8:07 am

Bien l'article sur Poch :)


C'est ça la pochette de Ya Basta en question ?
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Postby DuBwIsE !!! » November 14th, 2004, 2:18 pm

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Postby g » November 16th, 2004, 5:34 pm

> http://www.categorynet.com/influencia/newsflash.php

Planète … Graffiti

Pour Richard Conte, de la revue Tribu (Toulouse, n°10, 1985), «graffiti serait le mot-valise d'une époque qui s'abreuve dans la marge et dans l'interligne, d'un temps qui ne croit plus totalement à la cohérente déclinaison des idées et des représentations. »
Tout a commencé au début des années 70 avec la naissance dans la partie la plus défavorisée de New York, le Bronx, d’une nouvelle culture : la culture hip-hop. Quelques années plus tard elle déferlait sur la France par le rap, la break-dance et la multiplication de tags agressifs et aux couleurs vives sur les murs des grandes villes et les parois du métro parisien. « Le graffiti, comme se nommait désormais ce style d’écriture libre et sauvage, déjà kitsch mais rebelle, allait représenter pour plusieurs générations d’adolescents la révolution artistique qu’ils attendaient tous inconsciemment. Il n’était plus désormais nécessaire de faire de grandes écoles d’art pour avoir le droit de s’exprimer en public pour être connu et reconnu ».(1) La grande force du marketing étant de cannibaliser les courants, il n’y avait plus qu’un pas à franchir pour traverser la rue. Petit à petit les marques ont emprunté son explosion créative au street art. Et le phénomène « explose » aujourd’hui. Evian fut l’un des premiers à surfer sur la vague en utilisant dans ses spots de pub ses célèbres petits personnages animés. Outre-Manche, on peut admirer des annonces pour Snickers, avec le nom de la marque de chaussures « écrit » sur un plâtre déjà archigraffité. La nouvelle campagne internationale d’Adidas montre un sympathique personnage de cartoon baptisé « Trimmy ». Eastpack tague un bus dans ses visuels publicitaires. L’agenda d’Aubade s’inspire « Body Art » avec des corps habillés de calligraphie, de peintures, et de collage d’or par les artistes Ephidia et Laure Dousso, le tout photographié par Michel Perez. De son côté Absolut Vodka crée Absolut Freestyle, bouteille collector, n’hésitant pas à jouer l’autodérision, en déformant, décomposant et bouleversant le graphisme de la célèbre bouteille, pourtant demeurée inchangée depuis 25 ans ! Coca light demande à DER, spécialiste du graph, de décorer l’une de ses canettes. La société Graff & Tag, spécialisée en graffiti artistique, a même organisé en juillet et août une exposition dans le magasin des Galeries Lafayette à Berlin avec un Graff Shop… Idée : à quand le paquet de Céréales graffité dans nos linéaires ?
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Postby g » November 16th, 2004, 6:59 pm

> http://archives.lunion.presse.fr/cgi/un ... A1446.html

( digne d'un reportage de Vincent Marronier ! )

Locales - Ardennes


Graffiti sur le monument

« Nous faisons le maximum pour entretenir cet espace de paix, cet espace du souvenir », lance René Bourgeois, maire de Hierges, en évoquant le cimetière et le monument aux morts.
Pelouse tondue, fleurissement, les employés communaux ont mis l'accent sur un entretien intensif à l'approche de la commémoration de l'anniversaire de l'armistice 1918.
11 novembre. « En ce jour anniversaire de l'armistice de la guerre 14-18, il est de notre devoir à tous, parents, enseignants, élus et citoyens d'éduquer la jeunesse afin qu'elle sache que le 11 novembre n'est pas uniquement la foire aux Oignons. La première guerre mondiale, dont nous célébrons aujourd'hui l'armistice, fut sanglante », le maire a appelé la population à se recueillir au pied du monument aux morts. Appel entendu, plus de la moitié du village s'est associée à ce moment de recueillement.
Déception à l'arrivée au monument aux morts, une main anonyme a rajouté, au feutre noir, un nom à la liste des enfants de Hierges morts pour la France lors de la guerre 1914-1918. « Nous ne pouvons laisser passer une chose pareille. C'est impensable de toucher à un monument aux morts, symbole du souvenir et du recueillement. C'est décevant. Où est le respect ? », s'interroge le premier magistrat qui a déposé une plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Vireux-Molhain.
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Postby afrotagger » November 16th, 2004, 8:42 pm

C'est surement tres vexant, mais ça depend surtout du nom ajouté a la liste...
>>>ALORS QUEL EST CE NOM?!?!?<<<
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Postby g » November 18th, 2004, 7:32 am

http://www.lalibre.be/article.phtml?id= ... _id=193279

Après la bombe, l'éponge...
Cy.C (St.)

Mis en ligne le 17/11/2004
- - - - - - - - - - -

Un taggeur récidiviste liégeois a été intercepté ce week-end après avoir vidé 17 bombes de peinture... C'est la Ville de Liège qui paie la note du nettoyage.

Les taggeurs ont encore fait parler d'eux ce week-end à Liège. Dimanche après-midi, un jeune taggeur a été arrêté par la police après avoir réalisé, en une seule nuit, une cinquantaine de signatures sur des façades. Multirécidiviste, le jeune homme a été déféré au parquet de Liège.

Des signatures connues

Les taggeurs sont bien connus des services de police de Liège. «Nous avons intercepté huit taggeurs récidivistes cette année, a confié Alain De Paepe, commissaire chargé du plan zonal de sécurité. Et lorsque leurs signatures sont reconnues par nos services, ils la changent.»

Les amendes, allant pourtant jusqu'à 5000 euros, ne semblent pas les effrayer. Sans oublier les travaux d'intérêt général et les éventuels remboursements pour les personnes lésées. Le code pénal prévoit aussi des peines de prison pouvant aller de huit jours à un an.

«Le graffiti est un art, s'exclame l'un d'entre eux. Il fait partie de la culture hip hop. Les tags sont une manière de se faire connaître. C'est pour cette raison que nous les réalisons sur des bus ou des trains. Tout le monde peut les voir.» Le jeune garçon ajoute que les taggeurs ont le goût du risque. C'est pourquoi ils réalisent leurs oeuvres sur des bâtiments publics ou en hauteur.

Depuis deux ans, Liège tente de canaliser les élans des taggeurs, en leur offrant des panneaux libres dans des endroits divers, principalement à proximité des chantiers, afin de masquer ceux-ci, comme cela a été fait près de la place Saint-Lambert. «Avec ce système, nous offrons aux jeunes des espaces d'art», souligne José Timmers, attaché du cabinet de l'échevin de la Propreté urbaine.

Malgré les efforts de la Ville de Liège, les signatures persistent sur les murs. Et le nettoyage coûte cher: environ 75 euros par mètre, sans tenir compte du type de surface endommagée. Depuis le mois de mai, une équipe anti-tag, composée de 14 personnes, travaille essentiellement à ce type de nettoyage. Une asbl, «Action Environnement», travaille en collaboration avec la Ville de Liège.

Avec les 50 signatures de ce week-end, c'est une semaine de travail qui attend les équipes de nettoyage. Un nettoyage qui sera assuré gratuitement par la Ville de Liège. Mais le mayeur n'en restera pas là: il s'est constitué partie civile dans cette affaire ce qui pourrait coûter cher au taggeur. A moins qu'il n'efface lui-même ses oeuvres...

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Postby g » November 19th, 2004, 8:58 am

from http://www.saint-brieuc.maville.com/act ... 7&IdCla=32

Les graffitis reviennent en force

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Deux personnes à plein temps nettoient à l'hydrogommeuse les murs souillés

Bien que des agents de nettoyage soient affectés à l'enlèvement des tags, les graffitis refleurissent sur les murs en toutes saisons.


Au fil des rues, tags et graffitis ne passent pas inaperçus. Et pourtant, la brigade qui lutte contre cette forme de pollution travaille d'arrache-pied et gratuitement pour tenter d'enlever ces salissures vraiment peu esthétiques.
Depuis quelques semaines les tags reviennent en force. Tout y passe : le mur en pierre de l'école Balzac, les trois entrées du stade Fred-Aubert sur lesquels on peut voir de gros « Liverpool$ », la façade de l'inspection académique sur laquelle les lettres brunes se détachent sur la peinture saumon, le Monoprix... Même le commissariat de police !

Ne parlons pas des rues où les murs tardent à être nettoyés comme dans la rue Saint-Pierre, l'arrière du collège Le Braz, tous les murs de l'ancien abattoir nettement visibles de la rue Monge... Mais ce qui agace par-dessus tout les particuliers, ce sont ces initiales tracées sur des portes de garage, des volets, des murs en brique... Comme ces trois lettres « HPC » qui ont récemment fleuri sur l'ex-ANPE de la rue du Docteur-Rahuel, tout au long de la rue de Gouédic, jusqu'au mur de la Société générale près du Champ-de-Mars.

Grosse amende

Certains édifices publics comme le théâtre, l'antenne universitaire, semblent préservés. Sans doute parce que les gardiens veillent à maintenir le bon état de propreté ces lieux. Deux agents de la propreté urbaine travaillent huit heures par jour pour enlever ces graffitis d'un goût douteux. Ils traitent 20 à 30 m2 quotidiennement, soit avec des produits chimiques rincés à l'eau, soit avec une hydrogommeuse, une machine spécialement acquise et montée dans un camion. Un investissement de quelque 40 000 €. « À une époque, on pouvait faire appel au service, seulement après dépôt de plainte, rappelle Alain Cadec, adjoint à l'environnement. Aujourd'hui, il suffit de prévenir la propreté urbaine. » Dans l'hyper centre et les rues piétonnes, les agents interviennent même de leur propre initiative.

« Avant et après nettoyage on prend une photo, explique Jacques Boutin, cadre à la propreté urbaine, dans un premier temps, on remplit une fiche de renseignements avec la localisation du tag, le support, l'estimation de la surface à nettoyer et la signature du propriétaire qui dégage la responsabilité de la ville. »

De temps en temps, un tagueur se fait attraper par une patrouille de police. « C'est difficile de les coincer, avoue un policier, car ils font ça la nuit et ça va très vite. Il faut les prendre en flagrant délit. » Le procureur de la République précise qu'une amende allant de 18 750 € à 75 000 € est prévue par la loi, mais que « ce délit ne peut faire l'objet d'un travail d'intérêt général, car il n'est pas passible de prison, il ne peut donc pas engendrer une peine de substitution. » La garde à vue est seulement prévue en cas de graffitis sur des monuments historiques.

Des commerçants et des communes comme Langueux ou Trégueux ont trouvé une solution pour éviter les tags : ils paient des grapheurs pour décorer rideaux métalliques et transformateurs électriques. Généralement, les taggers respectent les grapheurs.


Jean-Jacques REBOURS.
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Postby JACE » November 19th, 2004, 9:36 am

"Et pourtant, la brigade qui lutte contre cette forme de pollution travaille d'arrache-pied et gratuitement pour tenter d'enlever ces salissures vraiment peu esthétiques. "
Ouahhh un vrai sacerdose ! merci messieurs. 8)
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Postby Kefli! » November 19th, 2004, 5:31 pm

vous noterez la conclusion :

Généralement, les taggers respectent les grapheurs. :lol:
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Postby g » November 19th, 2004, 6:02 pm

pour faire une pause ds la série "Vincent Marronier"...

> http://www.humanite.fr/journal/2002-04- ... 4-20-32604

Arts urbains.
Comment comprendre tags et graffs et dépasser le vieux réflexe du coup de Karsher ? Les murs ont la parole

Visite guidée du XIIIe arrondissement sur la piste des graffitis avec le sociologue Alain Milon.

XIIIe arrondissement : au milieu d’une forêt de verre et d’acier, les Frigos dénotent, détonnent, étonnent, îlot culturel dans ce quartier faisant l’objet de la plus grande opération d’urbanisme depuis Haussmann. Les Frigos : les anciens ateliers frigorifiques de la SNCF, reconvertis en squat. Chaque chambre froide abrite une association, un collectif d’artistes. Le paradis pour les adeptes de la bombe aérosol, graffeurs et tagueurs.

Ce petit coin d’architecture est le cadre idéal pour parler des tags et des graffs, ces éléments qui agrément ou détériorent (au choix) notre espace visuel parce qu’urbain. Tags et graffs que le sociologue Alain Milon étudie depuis une vingtaine d’années, voulant aller au-delà des simples " considérations esthétiques " et sortir du credo institutionnel " bon graff, mauvais tag ". Créatures de la nuit, ces éléments hiéroglyphiques ne se laissent pas facilement aborder. Mais pas question de laisser l’ignorance gagner du terrain : " Il faut cesser de considérer graffs et tags comme de simples cicatrices visuelles, martèle-t-il. Cette culture urbaine peut aussi être considérée comme un nouveau visage de la ville. "

En perpétuelle évolution, la compréhension de cet art mural n’est pas à la portée du premier copropriétaire venu. Né dans les années soixante aux États-Unis, le tag a d’abord eu " une fonction territoriale pour les gangs". Dans les années soixante-dix, les graffs vont gagner une certaine dimension esthétique et artistique. Et débarquent en France en 1982. Quelques tags d’abord, la couleur et la variété des créations viendront plus tard.

" D’un côté, il y a le tag, une signature éphémère et peu élaborée, monochrome. Et de l’autre, le graff, qui exige des croquis, des schématisations, des quadrillages, comme en peinture classique, explique le sociologue. Mais tous les graffeurs sont passés par le tag et restent potentiellement des tagueurs ".

En 1986, la ligne 13 du métro devient le terrain d’expression des crew (équipe) du nord de la capitale. C’est l’époque des virées nocturnes évoquées par NTM dans Paris sous les bombes. Et les panneaux publicitaires 4 par 3 offerts par la RATP pour contenir cette boulimie créative n’y changeront rien : "Les lieux souterrains sont porteurs d’un fort imaginaire symbolique, précise Alain Milon. Qui plus est, le métro, par sa mobilité, permet aux tags et aux graffs d’être vus par le plus grand nombre. "

La visibilité, voilà la principale préoccupation des amateurs de bombes aérosols. Envers et contre tout. Malgré une durée de vie des plus éphémères, les municipalités jouant souvent la carte de la terre brûlée.

" Depuis 1999, la Ville de Paris mène une politique efficace de nettoiement, note Alain Milon. Près de 90 % des tags ont été effacés. Il faut donc trouver de nouveaux supports comme les camions, les devantures de magasins. " Certains commerçants prenant les devants en demandant aux graffeurs d’ouvrer sur leurs rideaux de fer ou leur façade pour éviter la multiplication des tags. En témoigne, la superbe fresque rue Watt, fruit de l’accord entre une imprimerie et plusieurs équipes de graffeurs.

Nouveaux supports mais aussi nouvelles expressions : "Le graff est le descendant des peintures rupestres. " Ses ancêtres ? Le graffiti d’expression politique, le mur peint. Ses déclinaisons ? Le pochoir, l’ombre portée, les mosaïques. Ou encore l’affiche détournée. Et l’arme absolue ? " La gravure sur verre au poinçon, ultime pied de nez à la SNCF et à la RATP ", sourit le sociologue.

Pour Alain Milon, "tags et graffs posent la question de la relégation urbaine. Le relégué n’est pas privé de territoire mais de droit sur celui-ci. Relégué de la culture standard, les graffeurs vont donc à leur tour reléguer l’ensemble de la population à travers une écriture hiéroglyphique par eux seuls compréhensible. C’est comme pour le rap : les rappeurs, relégués, par la complexité de leur phrasé, vont exclure à leur tour le public non initié. " Les tentatives d’" apprivoisement " de ces modes d’expression ont souvent montré toutes leurs limites... quand ce n’est pas le recours à un artiste " officiel " pour couvrir un mur qui suscite de la part d’un graffeur une réponse graphique et revancharde. Alors, peu importe que l’on arrive à comprendre ou non l’essence d’un tag, que l’on reconnaisse ou non une lettre ou deux. Les murs ont la parole. Et il serait temps de les écouter plutôt que de tenter de les bâillonner.

Sébastien Homer et Vincent Lamigeon

Lire l’Étranger dans la ville, du rap au graff mural, d’Alain Milon, PUF, coll. " D’Aujourd’hui ", 1999, 145 pages.
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Postby g » November 19th, 2004, 6:05 pm

...la suite...
ou les aventures d'Alain Milon le tagologue :D

> http://www.humanite.fr/journal/2003-12- ... -27-385243

Penser la ville à travers le graff

Le sociologue Alain Milon s’intéresse à la vision de la ville des graffeurs. La dernière fois qu’on l’avait croisé, c’était aux Frigos, immense squat du 13e arrondissement, pour une promenade sociologique à la découverte des graffs qui couvrent les murs de ces anciens ateliers frigorifiques de la SNCF. Depuis, à l’instar de Mathieu, Alain Milon, sociologue et chercheur à l’IRESCO (Institut de recherche sur les sociétés contemporaines), s’est fait lui aussi porteur d’un " ouvrage rédigé avec des graffeurs. Une expérience qui n’a pas abouti. Ce que je leur ai proposé, c’est d’utiliser un nouveau mode d’expression : après le graff, le texte. Pour penser leur travail. Et au-delà, la ville... " Étrange rencontre entre un sociologue et les représentants d’une culture qui se veut underground. Il faut dire qu’Alain Milon a découvert le graff au début des années quatre-vingt alors qu’il enseignait à Los Angeles. Ce qui explique à la fois la confiance dont il bénéficie dans le milieu mais aussi sa connaissance. Ainsi que son exigence : " Je ne me pose pas la question de savoir si c’est de l’art ou non. Car ce serait faire entrer en ligne de compte des critères esthétiques. Et l’on aboutirait à ce cliché opposant le bon graff au mauvais tag, assène-t-il. Même si cela permet de savoir quel est le degré d’acceptabilité de ces modes d’expression. Et, en ce sens, à ceux qui considèrent que le tag est une salissure, une pollution visuelle, pourquoi ne pas leur demander ce qu’ils pensent de l’affichage publicitaire... " Et d’avoir pu constater lors d’un détournement d’affiche rue Oberkampf " les réactions que cela provoquait. Les gens discutaient avec nous, se souvient-il. Alors qu’un type de Giraudy qui pose une affiche publicitaire, plus personne n’y fait attention. Le graff nous renvoie à des questions inhérentes à l’espace public : comment penser la rue et à qui appartient-elle ? " À l’origine, " le tag était la signature d’un gang pour marquer son territoire, explique-t-il. Aujourd’hui encore, il y a, au-delà d’une revendication de la rue, une manière de percevoir et donc de s’approprier la ville. Comme ``Atlas’’ qui, avec ses boussoles, indique les points cardinaux et les distances avec d’autres villes (``Abidjan, tant de kilomètres’’). Ou encore ``Zeus’’ et ses ombres chromées du mobilier urbain qui se fondent parfaitement dans le paysage. " Et de résumer le sentiment général : " Pour la plupart, une rue sans graff, c’est une rue morte. " Sans parler du prolongement " conscient ou non de la démarche de Basquiat pour qui la rue était une galerie à ciel ouvert ". Face à cette rappropriation de la rue - comme le résume 132 Crew dans Kapital : " On déchire les murs pour faire pleurer les aveugles " -, les institutions développent ce qu’Alain Milon qualifie de " théories hygiénistes " : " Comme dans le métro. On est dans la logique du Défense d’afficher, du nettoyage systématique. Comme si la présence d’un tag, perçue comme une agression, suffisait implicitement à insécuriser le lieu. Parce qu’il signifierait la présence de l’autre, de l’inconnu... " Et le sociologue de sourire : " Or, les tags se trouvent dans des endroits on ne peut plus visibles, comme au centre de Paris où la densité policière n’est pas des moindres. " Alain Milon veut aussi balayer d’un revers de main le fantasme sociologique du tagueur type, " un ado venant d’une banlieue défavorisée, issu d’une famille monoparentale à faible revenu... C’est du pipeau. On trouve des personnes venant de tout horizon dans le milieu. " À travers sa démarche, ce que souhaite le sociologue, c’est associer les graffeurs à la réflexion sur la ville : " Je me rappelle un colloque sur le patrimoine architectural à Bordeaux. Y intervenant, j’en ai profité pour inviter des graffeurs. Car derrière un tag, il y a rarement la volonté de tout casser. Simplement une vision de la ville. À leur échelle, ils la réaménagent. Une réponse à ceux qui ont beaucoup plus de poids - architectes, urbanistes, élus... - qui, eux, la bouleversent réellement. Ces traces de peintures peuvent être vécues et vues comme des blessures. " D’autant que la répression montre ses limites : " Le comble de l’hypocrisie, c’est ce graffeur qui, pour avoir posé son nom sur les murs de la SNCF, a été poursuivi. Et qui, en guise de condamnation, s’est vu demander par celle-ci de décorer ses transfos ! sourit Alain Milon. Et quand on voit le logo du TGV qui s’inspire clairement de l’esthétique graff’, il ne faut pas s’étonner de voir les trains tagués. Dernier exemple en date : le nettoyage dans le métro est si efficace que la parade, c’est le " graviti ", le fait de graver au poinçon son nom sur les vitres du métro et du RER. Là, à moins de changer la vitre, il n’y a aucune solution... "

Sébastien Homer

Lire l’Étranger dans la ville, du rap au graff mural, d’Alain Milon, Éditions des PUF, coll. " D’aujourd’hui ", 1999, 145 pages.
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