REVUE DE PRESSE [ french ]

Share good links, discuss about graffiti.

Postby DuBwIsE !!! » January 4th, 2009, 6:06 pm

amusant ...

http://www.blogencommun.fr/2008-12-faux-plans-sur-la-ligne-6/#more-4558

Faux plans sur la ligne 6 !
Le 19 décembre, j’ai pris la ligne 6 pour me rendre à la Sub Party qui partait de Nation. Par curiosité j’ai regardé le plan de Paris avec les lignes de Metro et j’ai remarqué que les stations indiquées étaient fausses. Ainsi, Bibliothèque François Mitterrand était Olympiades et Gare d’Austerlitz et Gare de Lyon étaient inversées. Je ne cite que deux exemples mais l’ensemble des stations étaient mélangées.

En regardant bien j’ai découvert que c’était un autocollant qui avait été collé par dessus le vrai plan. Ça fait peut-être rire le petit malin qui a fait ça mais je pense aux nouveaux usagers des transports de la RATP et aux touristes qui ont du être totalement perdus !
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Postby HAO » January 21st, 2009, 12:48 pm

FKDL ou l'art d'attraper la grosse tête !!
Regardez la fin du reportage, à mourir de rire !!
Nous savons tous qu'il y a un service de la mairie de Paris destiné à effacer les graffitis et un autre destiné à décoller les affiches... Tous ceux qui ont cartonnés Paname avec les affiches à un moment de leur vie le savent très bien, le service chargé de repeindre les murs passent souvent avant celui chargé de décoller les affiches.
MDR le FKDL croit que les services de nettoyage l'épargnent et le kiffent !!!

<div><object width="480" height="381"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/k6IfbxmgsY6XsjUYca&related=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/k6IfbxmgsY6XsjUYca&related=1" type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="381" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always"></embed></object>
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Postby eko » January 21st, 2009, 6:15 pm

DuBwIsE !!! wrote:amusant ...

http://www.blogencommun.fr/2008-12-faux-plans-sur-la-ligne-6/#more-4558

Faux plans sur la ligne 6 !
Le 19 décembre, j’ai pris la ligne 6 pour me rendre à la Sub Party qui partait de Nation. Par curiosité j’ai regardé le plan de Paris avec les lignes de Metro et j’ai remarqué que les stations indiquées étaient fausses. Ainsi, Bibliothèque François Mitterrand était Olympiades et Gare d’Austerlitz et Gare de Lyon étaient inversées. Je ne cite que deux exemples mais l’ensemble des stations étaient mélangées.

En regardant bien j’ai découvert que c’était un autocollant qui avait été collé par dessus le vrai plan. Ça fait peut-être rire le petit malin qui a fait ça mais je pense aux nouveaux usagers des transports de la RATP et aux touristes qui ont du être totalement perdus !


J'avais pas vu ce message;d'où ma réaction tardive. Il s'agissait d'un projet de The WA
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Postby DuBwIsE !!! » January 22nd, 2009, 5:47 pm

eko wrote:
DuBwIsE !!! wrote:amusant ...

http://www.blogencommun.fr/2008-12-faux-plans-sur-la-ligne-6/#more-4558

Faux plans sur la ligne 6 !
Le 19 décembre, j’ai pris la ligne 6 pour me rendre à la Sub Party qui partait de Nation. Par curiosité j’ai regardé le plan de Paris avec les lignes de Metro et j’ai remarqué que les stations indiquées étaient fausses. Ainsi, Bibliothèque François Mitterrand était Olympiades et Gare d’Austerlitz et Gare de Lyon étaient inversées. Je ne cite que deux exemples mais l’ensemble des stations étaient mélangées.

En regardant bien j’ai découvert que c’était un autocollant qui avait été collé par dessus le vrai plan. Ça fait peut-être rire le petit malin qui a fait ça mais je pense aux nouveaux usagers des transports de la RATP et aux touristes qui ont du être totalement perdus !


J'avais pas vu ce message;d'où ma réaction tardive. Il s'agissait d'un projet de The WA


on peux avoir des infos ou ? bien amusant cette démarche ...
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Postby eko » January 22nd, 2009, 6:55 pm

Non j'ai pas de lien, il m'avait juste parlé de son projet, mais c'est pas très photogénique.
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Postby DuBwIsE !!! » February 15th, 2009, 7:18 pm

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques/0,,4249575,00-l-artiste-auteur-de-l-affiche-symbole-d-obama-arrete-pour-graffiti-.html


Etats-Unis - L'artiste auteur de l'affiche symbole d'Obama arrêté pour graffiti


Le portrait teinté de rouge, blanc et bleu de Barack Obama orné du slogan "Hope" (espoir) c'est lui, Shepard Fairey. Son œuvre a été imprimée sur des dizaines de milliers d'affiches, de T-shirts et autres produits dérivés. Mieux encore, elle est devenue le logo non officiel de la campagne du futur vainqueur de la présidentielle de 2008. Et aujourd'hui, son affiche est exposée à la prestigieuse National Portrait Gallery de Washington.

Vendredi soir à Boston, Shepard Fairey a été arrêté. Motif : dégradation de biens. Accusé de graffiti en plusieurs endroits de la ville, l'artiste de 38 ans a été interpellé alors qu'il se rendait au vernissage de sa première exposition personnelle à l'Institut d'Art contemporain de Boston. Il doit comparaître lundi. Les charges retenues à son encontre pourraient lui valoir une peine de trois ans de prison.


(D'après agences)
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Postby DuBwIsE !!! » February 15th, 2009, 7:20 pm

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iNhWczzaOYY46dQFqobchZE65T_g


Droits de reproduction d'une photo d'Obama: l'artiste poursuit l'agence AP


WASHINGTON (AFP) — Un artiste dont le portrait de Barack Obama est devenu emblématique de la campagne présidentielle américaine de 2008, a attaqué lundi en justice l'agence Associated Press (AP), qui lui réclamait à l'amiable une compensation financière pour avoir utilisé une de ses photos.
L'artiste Shepard Fairey, de Los Angeles (Californie, ouest) et sa société Obey Giant Art Inc., poursuivent AP devant un tribunal de Manhattan à New York, estimant que leur utilisation d'une photo de l'agence de presse pour créer le portrait ne constitue pas une violation de la législation sur le copyright.
Shepard Fairey reconnaît dans sa plainte avoir utilisé une photo de l'agence américaine, datant de 2006, pour réaliser ce portrait teinté de rouge, blanc et bleu de Barack Obama, le regard tourné vers le ciel --ou l'avenir--, au-dessus du mot "HOPE" (Espoir), qui a été imprimé sur des dizaines de milliers d'affiches, de T-shirts et autres produits dérivés.
Mais selon les avocats de M. Fairey, celui-ci a créé "une image dotée d'une nouvelle signification puissante et véhiculant un message radicalement différent qui ne présente aucune analogie avec la photographie originale".
Les conseils de l'artiste défendent l'usage raisonnable ("fair use") qu'il a fait de la photographie pour affirmer qu'il n'a pas enfreint la législation sur les droits de reproduction. Le "fair use" permet dans certains cas la reproduction libre de documents protégés par le copyright. Il est généralement invoqué aux Etats-Unis par les organes de presse.
La direction de l'agence de presse s'est dite lundi "déçue" de cette action en justice "surprise". "AP était en train de discuter d'un arrangement avec l'avocat de M. Fairey" et "à la demande de l'avocat de M. Fairey, nous étions d'accord pour qu'AP n'engage pas d'action en justice pendant ces discussions", indique l'agence dans un communiqué.
"AP considère qu'il est crucial de protéger les photographes, qui sont des créateurs et des artistes. Leur travail ne devrait pas être récupéré par d'autres", poursuit le communiqué.
L'agence précise qu'elle avait "clairement indiqué" à M. Fairey qu'elle entendait consacrer la somme sur laquelle un accord aurait été trouvé à un fonds caritatif pour venir en aide aux journalistes ayant subi des pertes personnelle à travers le monde.
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Re: REVUE DE PRESSE [ french ]

Postby DuBwIsE !!! » November 14th, 2009, 1:40 pm

A Berlin, Irmela efface les tags nazis depuis vingt ans

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Memorial98 désire rendre hommage à Irmela Mensah-Schramm, alors qu'on vient de commémorer la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989, mais aussi la Nuit de Cristal le 9 novembre 1938. Depuis vingt ans, cette femme berlinoise de 63 ans, éducatrice spécialisée retraitée, « nettoie » la propagande raciste et néonazie, sillonant les rues pour effacer des graffitis et arracher des autocollants à Berlin et dans d'autres villes.
On peut ainsi la croiser, sillonnant inlassablement dans les rues de la capitale allemande, tenant à la main un grattoir et du dissolvant à ongles. (Voir la vidéo, en allemand)

Avec ses « armes », elle livre une bataille sans fin contre les jeunes néo-nazis, certains passants et, avant tout, l'indifférence.

Elle marche toute la journée, scrutant les plaques de rues et les murs. Pendant à son cou, un grand appareil photo, qui lui permet de se constituer des archives. A son bras, un sac en tissu blanc portant l'inscription « Combattez les nazis » en larges lettres blanches.

Des menaces, des poursuites judiciaires… et des tags personnalisés
Irmela Mensah-Schramm considère qu'en 23 ans, elle a enlevé plus de 80 000 autocollants comportant des slogans homophobes, antisémites ou racistes.

Son activité militante n'est pas de tout repos, puisqu'elle a subi de très nombreuses menaces, et même été poursuivie en justice suite à des démêlés avec un vigile. Elle assume les infractions qu'elle est amenée à commettre, forcée de pénétrer dans des voies privés pour y détruire certains grafittis.

Ironiquement, des nazis l'ont même menacée… par des tags.

Sa « mission » a débuté à l'été 1986 à proximité de sa maison, quand elle a découvert un autocollant qui réclamait la libération de Rudolf Hess, le criminel de guerre nazi emprisonné à Spandau et emblème des néonazis.

Révulsée, elle veut l'arracher, mais ne peut le faire, son bus étant sur le départ. Elle revient le soir même, et enlève l'autocollant. Elle n'a plus cessé cette activité depuis.

L'arrière-petit-fils de Wagner proteste contre le choix de l'opéra « Lohengrin »
Irmela Mensah-Schramm anime aussi de nombreuses conférences éducatives, et rend compte de son combat par des expositions qui montrent la propagande qu'elle a supprimée.

Pour établir un lien entre les évènements historiques commémorés le 9 novembre, nous voulons aussi donner un écho à la protestation de Gottfried Wagner contre le programme musical de la journée qui célèbrait l'anniversaire de la chute du Mur.

Cet arrière-petit-fils du compositeur Richard Wagner proteste contre l'inclusion de l'ouverture de l'opéra « Lohengrin », composé par son ancêtre, lors du concert officiel des célébrations.

Musicologue et inlassable militant antifasciste, il rappelle le nationalisme et l'antisémitisme de son aïeul, précurseur du nazisme, ainsi que le montre d'ailleurs l'œuvre choisie, dominée par la vision d'un Allemagne triomphante.

Il est surprenant que le chef d'orchestre Daniel Barenboïm se prête à cette mauvaise action contre la mémoire de la Shoah et de l'Allemagne antifasciste. Gottfried Wagner ne cesse en effet de rappeler que Hitler a fait de Richard Wagner son modèle culturel.

Photo : Irmela Mensah-Schramm (Oliver Wolters/Wikimedia Commons)

http://www.rue89.com/2009/11/12/a-berlin-irmela-efface-les-tags-nazis-depuis-vingt-ans-125217
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Re: REVUE DE PRESSE [ french ]

Postby DuBwIsE !!! » December 9th, 2009, 3:30 pm

[url]http://www.paris-art.com/art-culture-France/Le%20graffiti,%20une%20pratique%20de%20soi/Rouillé-André/290.html#haut[/url]

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Par André Rouillé


Depuis peu, et encore en ce moment, les expositions de graffiti se multiplient à Paris dans des lieux où on les attendait a priori le moins, tels que la Fondation Cartier ou le Grand Palais. Comme si ces pratiques picturales «nées dans la rue», dans l'exclusion et la misère urbaines, venaient de leur plein gré se jeter dans la gueule du loup: ces hauts lieux du luxe, du pouvoir et de l'argent qu'elles ont peu ou prou longtemps provoqués; ou ces hauts lieux consacrés de la culture muséale qui les ont si longtemps méprisées et ignorées.

On sait en effet que la pratique picturale du graffiti est apparue au début des années 1970 dans les quartiers pauvres et les ghettos noirs et hispaniques de New York, avant de gagner d'autres grandes métropoles, de Sao Paulo à Amsterdam, de San Francisco à Paris, Londres, Berlin…
La singularité de la pratique picturale du graffiti réside dans le fait qu'elle s'exerce sur la multitude des surfaces que la ville offre aux regards, mais qu'elle protège de toute intervention: les pans de murs immaculés, les palissades de chantiers, et très tôt à New York l'intérieur et l'extérieur des rames du métro.

Exercé dans la rue, mais surtout sur des surfaces interdites, le graffiti est une pratique picturale illégale, exposée aux poursuites de la police et de la justice. Une pratique à risque, nécessairement clandestine. Une pratique de défi permanent lancé aux autorités, aux pouvoirs, aux forces répressives.
En somme, victimes d'exclusion sociale ou raciale, et pour la plupart relégués dans les périphéries déshéritées des grandes villes, les graffeurs reproduisent dans leur activité picturale leurs conditions de vie.

Le graffiti est ainsi directement en prise avec la vie des graffeurs, avec la répression à laquelle il faut savoir échapper, en agissant toujours avec précaution et circonspection pour déjouer la surveillance, mais aussi avec rapidité et agilité pour ne pas se faire arrêter.
Ces qualités physiques également nécessaires pour atteindre les surfaces les plus visibles mais aussi les plus périlleuses d'accès, pour peindre rapidement et souvent dans l'obscurité, se traduisent par une dynamique des gestes et des formes. Les risques génèrent une énergie esthétique qui nourrit la singularité des œuvres.

La vie infléchit encore, mais différemment, les styles et les motifs des graffiti. Tout le mouvement repose en effet sur le tag qui consiste à apposer le plus largement possible sa signature dans la ville. D'abord sous une forme simple, puis avec des contours (outline), puis des motifs (pois, étoiles, flèches), et en la faisant voyager à l'extérieur des rames du métro (whole cars).

Le graffiti est sans doute la seule pratique picturale dont le motif principal est la propre signature du peintre. C'est peut-être celle où s'exprime le plus fortement et le plus ouvertement les désirs de visibilité, de singularité, d'individualité, de reconnaissance, de notoriété.
Par ses graffiti, le graffeur se manifeste en effet à lui-même et aux autres, il se montre et se fait voir. Ses graffiti sont à la fois un regard porté sur le destinataire, qui se sent regardé, et une façon de se donner à son regard. Ce qui constitue une manière de face à face.

Mais ce face à face dépasse le seul spectateur pour impliquer la ville entière. «Le grand art consistait, rapporte Phase2, à balancer des signatures, des tas de signatures, en cercle, avec deux bombes à la fois, toujours plus gros». Il s'agissait, par cette marée de signatures, d'envahir cette ville dont les auteurs étaient exclus, d'opposer à son impersonnelle puissance un maillage des signes les plus personnels qui soient: leurs signatures.
Tandis qu'aux yeux des citadins comme des autorités ces signes cryptés ne méritaient guère mieux que d'être effacés, ils faisaient l'objet de la part des graffeurs d'une importante élaboration esthétique qui, dans le petit monde du graffiti, les rendait parfaitement identifiables, en mesure d'assurer une notoriété à leurs auteurs.

Les plus grandes métropoles du monde ont vu ainsi apparaître jusqu'en leur centre l'expression de leur refoulé social sous la forme d'une langue graphique étrangère — incompréhensible, inassimilable et promise à l'effacement. Pour les exclus, les invisibles, les sans voix relégués dans les lointaines périphéries urbaines, les graffiti étaient, selon Coco 144, une façon de «marquer le notre empreinte la société en écrivant notre nom sur les murs».

Avant d'être une pratique artistique, le graffiti apparaît manifestement comme ce que Michel Foucault appelle une «pratique de soi», c'est-à-dire une pratique orientée vers «une fin qui n'est rien de moins que la constitution de soi» (Dits et écrits, p. 1234-1249). Cette «pratique de soi» se traduit dans le graffiti par la place centrale accordée à la figure de la signature et par la quête affirmée d'individualité, de singularité, de visibilité et de reconnaissance qui anime les graffeurs.

Mais, autre singularité du mouvement: la pratique de soi et la pratique artistique génèrent dans le graffiti une pratique qui est de fait politique. Même s'il est sans slogans revendicatifs, sans organisation collective, et indépendant de tout parti, le graffiti est politique par le fait de bouleverser l'ordre de la domination, par le fait d'inverser en visibilité une situation d'invisibilité sociale, par le fait d'exhiber et de faire circuler dans la ville l'expression la plus visible d'une individualité socialement déniée, par le fait également de défier au moyen d'un langage visuel sauvage le pouvoir en ses lois sacrées de propriété.

Aujourd'hui, le graffiti bénéficie des faveurs du marché de l'art. On ne compte plus, en France et ailleurs, les lieux d'art, musées, galeries et fondations qui lui ouvrent grandes leurs portes. Les maisons de ventes organisent des cessions spéciales auxquelles les collectionneurs se précipitent.
Ce phénomène répond à plusieurs facteurs, notamment le besoin pour le marché de l'art de renouveler son offre et séduire une nouvelle clientèle, évidemment la consécration plus générale d'une sorte de «street culture» dans les domaines de la mode et de la musique, et peut-être une aspiration toujours vive des graffeurs à accéder à une reconnaissance…

Mais cet itinéraire des murs interdits et dangereux de la rue aux cimaises feutrées des lieux consacrés du marché de l'art, de la clandestinité aux feux de la consécration, de la «pratique de soi» à une pratique pour le marché; cet itinéraire souvent encore chaotique et schizophrénique (Zevs connaît ici la gloire des cimaises, mais risque là la prison) du mur à la toile traduit une mutation profonde du graffiti qui est peut-être en train de passer d'une esthétique du risque à une esthétique sans risque. Vidée de son énergie singulière et de sa force signifiante.


André Rouillé.


Sauf indication contraire, les citations sont extraites du catalogue de l'exposition «Né dans la rue. Graffiti», Fondation Cartier pour l'art contemporain, 7 juil.-29 nov. 2009.

Ni l'auteur de l'image accompagnant l'éditorial, ni le photographe de l'œuvre, ni la galerie ne sont associés à son contenu.
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Re: REVUE DE PRESSE [ french ]

Postby eko » December 9th, 2009, 4:58 pm

Très bon article. Merci Dubwise
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Re: REVUE DE PRESSE [ french ]

Postby DuBwIsE !!! » January 18th, 2010, 6:38 pm

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18591277.html

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"Wholetrain": Rencontre avec Florian Gaag

Avec son premier film, le réalisateur et scénariste Florian Gaag a été invité dans les festivals internationaux. À l'occasion de la sortie de "Wholetrain" en France, Allociné a rencontré ce jeune Allemand pour parler avec lui du monde des graffeurs.


Craignez-vous que votre film n'intéresse qu'un public d'initiés ?
Florian Gaag : Ca ne m'a jamais vraiment fait peur car dès le début j'ai voulus faire un film qui ne s'adresse pas à une cible en particulier. Pendant l’écriture du scénario, j'étais déjà sur le fil de rasoir car mon film devait fonctionner auprès des graffeurs, être perçu comme crédible. En même temps, il devait ouvrir ce monde à un public qui ne le connaît pas. La culture du graffiti a déjà une histoire de presque 40 ans et elle n'a cessé de se développer, même si les médias n'en ont pas toujours rendu compte. Le contexte actuel est très favorable car il y a une vraie hype autour du street art en Europe, ce qui a réveillé l'intérêt pour le graffiti.

Que pensez-vous du reproche selon lequel le Graffiti serait "la forme la plus vulgaire de l’art"?
C'est une attitude très bourgeoise envers l'art qui considère seulement l'art apparu de façon académique. Je pense qu'il faut prendre la peine de s'intéresser à un domaine pour y découvrir des choses, comprendre leur sens. Evidemment, quelqu'un qui ne connait pas cette culture ne peut pas l'appréhender comme les oeuvres d'art classiques car ce qui est en jeu, c'est autre chose que la beauté et le rayonnement ornemental.

Où situez-vous la limite entre vandalisme et art ?
Je ne pense pas qu'il y ait de véritable limite. Beaucoup de gens que tous les graffeurs font la même chose, alors que chaque graffeur a son propre style. Evidemment, il y a des gens qui font du vandalisme pendant quelques semaines et rien d'autre. Il y en a aussi qui ne font que des images légales, d'autres qui font les deux. Cette "limite" est difficile à situer car pour la plupart des gens qui ne se sont pas penchés sur le sujet, un texte est forcément laid et des images sont forcément jolies : plus les images sont proches de la réalité, plus elles sont jolies. Les gens ne remarquent pas que les tags sont l'oeuvre des mêmes artistes que les images, et que les tags ont une fonction différente car ils doivent être produits vite et n'importe où. Il est plus difficile d'y voir de la beauté. C’est un préjugé très courant dans la société de penser que les graffeurs agissent par pure envie de vandalisme, alors que ce n'est pas de tout leur moteur. Quand on regarde 100 tags côte à côte on voit que chacun est travaillé d'une manière calligraphique particulière. Chaque graffeur a sa propre écriture. C'est le bien le plus précieux de cette culture.

Que pensez-vous sur des zones où le graffiti est autorisé ?
Je trouve que cela peut donner des choses intéressantes, y compris dans les galeries. Parfois, je me demande si l'essence de cette culture est encore là car à l'origine, les grafs se font dans des endroits publics ou interdits. L'objectif des graffeurs sérieux, ce n'est pas la destruction mais un traitement conscient avec la ville et les espaces publics. Les questions qui se posent, c'est : les espaces publics sont-ils bien utilisés ? Er qui a le droit de les utiliser : les entreprises, qui les louent contre des millions, ou moi-même, comme simple individu, qui ai le droit de m'exprimer personnellement dans le paysage urbain ? Personnellement, j'avais toujours un code d'honneur. Jamais je me serais par exemple permis de faire un tag sur une église médiévale ou un monument. Certains pensent autrement. Tout le monde apprend dans la rue, il n'y a pas d'instructions strictes, on s'améliore peu à peu.

Quel rôle jouent l’adrénaline et la dimension politique pour les graffeurs ?
Je crois qu'on surestime l'importance de l'adrénaline, c'est une opinion de sociologue. Il y a sûrement des graffeurs pour qui c’est un point important mais pour la plupart, cela n'a rien à voir. C'est sans doute parce qu'on se retrouve tout le temps sur un terrain interdit qu'on ressent cela. Mais dire que derrière cette culture, il n'y a que l'adrénaline et la tension, c'est trop facile. Concernant l'aspect politique, c'est difficile à dire. Il y en a surement beaucoup qui relient un message politique au graffiti. Je trouve le travail de Banksy par exemple assez intéressant, sa façon de jouer avec les médias est sympathique.

Le graffiti reste-il un domaine masculin ?
Si on est réaliste, il faut dire que 90% des graffeurs sont des hommes. Ces derniers temps, il y a de plus en plus de femmes, surtout en Espagne mais aussi un peu en France. Il y a surement un rapport avec les conditions dans lesquelles on pratique cette activité, car quelle femme voudrait grimper dans les tunnels de metro sales et se mêler à des combats entre bandes ? Si on se souvient des origines de ce mouvement, on voit que c’était une culture dominé par les gangs. Le fait de vouloir marquer son territoire a ainsi joué dès le début un rôle important. Aujourd’hui, cela devient de moins en moins primordial. C’est sûrement aussi dû au fait que les graffeurs deviennent plus mûrs et regardent leur travail avec plus de réflexion.

Propos recueillis à Paris en octobre 2009 par Barbara Fuchs.
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Re: REVUE DE PRESSE [ french ]

Postby DuBwIsE !!! » March 3rd, 2010, 7:55 pm

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