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Postby g » September 6th, 2004, 8:05 am

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Mis en ligne le Lundi, 6 septembre 2004
Beaune

FRESQUE A L'ESPACE JEUNES DE BEAUNE
Du graff à l'œuvre d'art en toute légalité


Il faut distinguer le graffiti qui défigure une façade de maison avec le graff qui traduit une démarche artistique. C'est pour expliquer aux jeunes cette différence qu'une fresque murale a été peinte à l'Espace jeunes.


D ans le cadre des ateliers mis en place au sein de l'Espace Jeunes, ce projet de fresque graff tient une place particulière et innovante.
Tout est parti d'une double envie. Il y a d'abord eu celle des jeunes qui ont souhaité imaginer un autre cadre au skate-park, jouxtant le bâtiment et ainsi donner une image plus positive de cet espace et de ses usagers. Et puis, la direction de la famille et de l'éducation de la ville de Beaune a souhaité lancer un travail autour de la prévention des dégradations publiques, en incitant les jeunes à graffer dans un cadre légal et structuré.
C'est ainsi qu'un premier groupe composé de onze adolescents, âgés de 12 à 19 ans, a permis la définition d'une thématique autour de la liberté et des ateliers d'écriture ont permis, eux, de coucher sur le papier les impressions de chacun et de définir ainsi les grandes orientations de la fresque. Dans un deuxième temps, les jeunes ont appris les techniques de dessin, incluant les perspectives, le 3D, lettrage, etc. Ils ont ainsi dressé des croquis et des maquettes intégrés dans la composition artistique. Enfin, le travail grandeur nature à la bombe aérosol a permis l'apprentissage ou le perfectionnement, tout en distillant des messages de prévention et de rappel à la loi, autour de la question des dégradations des espaces publics. Ce projet a été encadré successivement par CYNIK et HETA ONE, grapheurs régionaux et les animateurs de l'Espace Jeunes. Les élus municipaux inaugureront prochainement cette fresque qui redonne une allure certaine au skate-park.

Image
Sylvain Chaix est un artiste qui s'est imposé sur la scène du graff régional. Il a fait notamment une grande fresque à l'intérieur de la piscine de Chalon-sur-Saône


>> http://www.bienpublic.com/region/200409 ... .html?0808
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Postby g » September 6th, 2004, 8:10 am

à contrario...
voici un article de l'Express d'aujourd'hui.... :shock:

___________________________________________

L'Express du 06/09/2004
Des tagueurs très recherchés

par Marie Cousin

Tantôt on les poursuit pour vandalisme, tantôt on les expose dans les galeries. Délinquants ou artistes? Avec l'escalade répressive, eux aussi cultivent les paradoxes, sans renoncer à leur passion: transgresser l'interdit


Ni nom ni téléphone portable. Juste un minimum d'indications. «Prenez le RER jusqu'à l'arrêt Nanterre-Université et descendez vers la fac, nous vous rappellerons d'une cabine téléphonique.» Cette réplique digne d'une mauvaise série B ne sort pas de la bouche d'un preneur d'otages. Ce sont les conditions posées par un graffeur de 19 ans pour un simple rendez-vous. Terreur des quais de gare et de métro, il a fait de la «bombe» son univers, sa drogue: «Certains picolent ou fument de l'herbe, moi, je peins», résume-t-il. Connu dans le milieu sous le pseudo d'Oyze - son «blaze» - il appartient à un groupe d'une vingtaine de tagueurs, un «crew»: les TSO-DLM, c'est-à-dire les Tout-Simplement-Ouf-Déchire-Les-Mots (sic).


Le jour dit, Oyze et son acolyte, un jeune de 16 ans surnommé Kojak, attendent à la fameuse cabine téléphonique. Direction «le terrain». Les murs et palissades qui entourent ce lieu en friche sont recouverts de tags de toutes tailles et de graffs - en fait de gros tags de couleurs, plus sophistiqués. Des personnages aux allures de héros de mangas viennent parfois ponctuer un nom calligraphié. «Ici, le graff est toléré, comme dans la plupart des terrains vagues, explique Oyze. Mais ce qu'on aime vraiment, c'est la rue et le tag vandale.» Traduction: bomber sur tout support illégal avec une préférence pour les voies ferrées, les trains ou les métros. Et cela ne date pas d'hier.


Voilà vingt ans que le graff a débarqué en France et que le jeu du chat et de la souris avec les autorités a commencé. Voilà vingt ans, aussi, que règnent dans les deux camps la confusion et le double discours. Tantôt considérés comme des actes de vandalisme, de la pollution visuelle, ou des symptômes d'insécurité urbaine, le graff et le tag sont, par ailleurs, récupérés, voire encensés, par la publicité et les galeries d'art contemporain. œuvre d'art ou délit? Tout le monde joue sur les deux tableaux.


Pas la justice. Le 10 septembre, s'ouvre à Paris le procès de trois magazines spécialisés: Graff it!, Graf Bombz et Mix Grill. Ils sont accusés d'avoir reproduit dans leurs pages des wagons tagués, incitation à la dégradation selon la SNCF. Un tel procès, s'attaquant à la presse, est une première en France. Pour les directeurs des journaux incriminés, c'est une atteinte à la liberté d'expression. «Pourquoi ne pas attaquer la presse automobile sous prétexte qu'elle pousse à acheter des véhicules puissants susceptibles de causer des morts?» ironise Eric Fournet, de Graff Bombz. «Le climat sécuritaire actuel est une aubaine pour la SNCF», renchérit Olivier Jacquet, de Graff it!. La compagnie des chemins de fer invoque le coût du nettoyage des graffitis - 5 millions d'euros par an - et réclame 150 000 euros de dommages et intérêts. Mais le plus grand procès de l'histoire du graffiti français se tiendra au printemps 2005. Plus d'une soixantaine de tagueurs comparaîtront, cette fois, à l'initiative du parquet de Versailles qui a évalué le montant des dégradations commises à plus de 1,5 million d'euros. Ce coup de filet est l'œuvre du commandant Jean-Christophe Merle, chef du groupe de recherche et d'investigation du service régional de la police des transports. «Lors d'une perquisition, en 2001, pour une autre affaire, nous sommes tombés sur des photos de trains tagués, des vidéocassettes, des fanzines, raconte-t-il. Jusqu'alors, nous pensions que les graffeurs agissaient seuls. En fait, ils sont extrêmement bien organisés. C'est un microcosme avec ses propres règles, ses journaux, ses habitudes. Tout le monde se connaît.»


Les graffeurs s'agrègent par affinités géographiques ou artistiques et évoluent en bandes, en crews. «Il n'y a jamais eu de profil type du tagueur, déclare le commandant Merle. Même les premiers tagueurs français étaient issus de milieux très différents, tantôt de la bonne bourgeoisie, tantôt des cités. Les plus jeunes ont 13-14 ans. Les plus vieux, une petite quarantaine d'années: ils sont mariés avec des enfants et ont de bons jobs. Eux, ce sont de vrais toxicos.» Ceux-là avaient 15 ans quand tout a commencé.

Break dance et jungle urbaine

Simples signatures généralement bombées en noir, les tags sont à l'origine de ce mouvement qui consiste à poser son nom dans le plus grand nombre d'endroits pour se faire connaître. La première fois que l'on en a entendu parler, c'était à New York, en 1971, dans un article du New York Times. On y relatait l'histoire d'un jeune de 17 ans qui inscrivait «Taki 183» - son nom et le numéro de sa rue - dans le métro. La ville était alors en crise et les gangs s'affrontaient.


L'idée d'exister dans la jungle urbaine en marquant son territoire tout en restant anonyme s'est propagée à la vitesse d'un gaz aérosol. Dans les fêtes de quartier, les DJ font chauffer les platines, les danseurs inventent le break dance, les rappeurs crachent la misère du ghetto et les premières bandes de tagueurs donnent de la couleur aux murs gris. Le mouvement hip-hop est né. Rapidement, les «lettres» des tags prennent de l'épaisseur, du volume et de la couleur. Les personnages et les formes abstraites font des apparitions. Les graffs viennent s'ajouter aux tags, sans pour autant les reléguer au second rang. Maintenant encore, tout graffeur est - et reste - un tagueur. D'ailleurs, aux Etats-Unis, une unique expression les désigne: les «Writers».


Le phénomène déferle dans les rues parisiennes au début des années 1980. A peine dix ans plus tard, «Paris est sous les bombes», comme le chantera le groupe NTM, d'anciens tagueurs reconvertis dans le rap. La presse s'empare du phénomène et parle de «signes cabalistiques», avec gourmandise. Alors qu'en France le tag balbutie underground, des artistes américains tels que Jean-Michel Basquiat et Keith Hearing sortent du métro new-yorkais et s'exposent dans les galeries. Ce ne sont plus des adolescents qui s'insurgent contre la société de consommation, mais des post graffiti artists pour reprendre les termes du sociologue Alain Vulbeau (Du tag au tag, Desclée de Brouwer). La France suivra, toujours avec dix années de retard. Dans ce milieu, aujourd'hui, la cote ne se fait pas dans les salons mais dans la rue. «Je n'expose que des «rois de la ligne», d'abord réputés auprès de leurs pairs pour leurs «œuvres» sur les wagons, explique Willem Speerstra, galeriste parisien spécialiste de la «old school» américaine, les premiers graffeurs historiques. La plupart n'ont d'ailleurs pas abandonné la rue.» Pour certains disparus, tel Dondi White, les pièces peuvent atteindre entre 30 000 et 50 000 euros. «En France, les meilleurs tagueurs de la première génération sont souvent devenus graphistes, directeurs artistiques ou designers», raconte Marc-Aurèle Vecchione, l'un des pionniers de l'épopée du graff français, qui en retrace l'histoire dans le documentaire Writers, sorti au printemps dernier. Quelques autres, les «purs et durs», sont restés «dans la rue», comme Jean-Marie dit «Yulk 132», 30 ans.


Des tennis trouées et tachées de peinture, un pantalon qui porte encore les stigmates indélébiles des marqueurs oubliés dans les poches, Jean-Marie possède toujours la panoplie du parfait «graffeur vandale». Et un beau palmarès de travaux d'intérêt général, d'amendes et de prison avec sursis. Il échappera de peu au fameux procès du printemps 2005. «J'ai commencé à 14 ans. Le graff, c'était tout: les filles et l'argent ne m'intéressaient pas, lance-t-il. Mineur, tu ne risques rien. Jusqu'au jour où les flics viennent perquisitionner. Là, les parents te voient comme un délinquant.»


Les parents de Kojak, eux, ne sont pas encore au courant. Leur fils de 16 ans fait régulièrement l'école buissonnière: il faut du temps pour mettre sur pied une expédition nocturne dans un dépôt de la RATP ou de la SNCF. «On repère les rondes du service de sécurité pour ne pas se faire choper et on prépare le matériel, raconte-t-il. Quant on y est, on fait le guet à tour de rôle, pendant que l'autre peint.» Tout simplement. A un détail près: cela nécessite de posséder les clefs du réseau, verrouillé dès 1 heure du matin. «Nous sommes plusieurs crews à les avoir, confie l'adolescent. Soit on se les procure par nous-mêmes, soit ce sont des anciens qui nous les donnent.»


Dans la mythologie du tagueur, le vrai graffeur est forcément un vandale. Mais face à l'offensive répressive, certains ont choisi le compromis. Comme le crew XN (Xcursions nocturnes), qui, depuis 2003, réunit des étudiants, un gardien de square et un animateur de rue. Ils ont créé leur association, une sorte de vitrine légale: «On veut continuer à graffer dans la rue, tout en faisant comprendre aux gens qu'il s'agit d'une démarche artistique», explique Marz, qui a déjà eu affaire à la justice.


Le collectif Ligne-2-Mire de Gentilly (Val-de-Marne) a opté, lui, pour le «graff légal» - une trahison aux yeux des puristes - histoire d'allier passion et business. «Nous réalisons des fresques pour les particuliers ou pour des institutionnels, admet «Crey». On s'approprie un territoire, on lui redonne de la couleur et le tout avec la bénédiction des passants!» Les MAC (Mort-aux-cons), crew réputé pour avoir réalisé les premières fresques à la fin des années 1980, en ont fait leur métier. Ils ont monté une entreprise tournée vers l'organisation d'expositions et l'édition spécialisée. «J'ai commencé dans l'esprit «no future», raconte Kongo, membre des MAC. Aujourd'hui, à 35 ans, marié et père de six enfants, je veux utiliser mon savoir-faire autrement.»

Fascination et répression

Sur le terrain de Nanterre, le jeune Oyze, lui, n'en est pas encore à ces considérations. Après un bon quart d'heure d'hésitation, il ouvre son sac à dos, en sort quelques bombes de peinture et un rouleau de papier, le «sketch», sur lequel est croquée une forme géométrique. Puis il enfile une paire de gants en plastique. Il vient de trouver l'endroit où il posera sa marque. Car il n'est pas question de «repasser» - autrement dit de recouvrir de son graff - n'importe quelle peinture. Selon le chercheur Federico Calo, il existe des «codes de gestion des supports» qui reposent sur trois principes essentiels: l'ancienneté du graff, sa qualité esthétique et sa valeur symbolique. On ne «repasse» pas un tag sur un train, car son auteur a forcément pris des risques.


En revanche, observe un jeune graffeur, «lorsque deux bandes se détestent, elles se «toyent» entre elles». En clair, elles barrent d'un grand trait noir le tag adverse. Ce qui n'exclut pas de se bagarrer physiquement. Sur la scène parisienne, deux crews aux noms évocateurs sont réputés pour leur violence: les TPK (The-Psychopathe-Killer) et les UV (Ultra-Violent). La plupart du temps, pourtant, le respect ne se gagne pas avec les poings, mais avec des bombes. Etrange univers que ce milieu interlope qui possède ses propres règles, son vocabulaire et ses idéologies. Même le commandant Merle s'avoue fasciné. Pour mieux comprendre ses clients, il a troqué, en 2001, son costume de flic pour celui d'ethnologue: «C'est grisant de pénétrer un nouvel univers, d'apprendre à lire les inscriptions pour les attribuer à leurs auteurs.» En revanche, il est fort peu probable que Jean-Christophe Merle adhère à l'idéologie du mouvement. «Le graff est un geste politique contre la société de consommation, affirme Marc-Aurèle Vecchione. On considère que tout est à tout le monde: l'espace comme la matière.» Au début, les premiers tagueurs se refusaient à acheter leurs bombes. «A l'époque, un gros graffeur était forcément un gros voleur», précise-t-il sobrement. A présent, une minorité pratique encore le vol - «la dépouille» entre graffeurs surtout - mais la plupart achètent leur matériel.


En fait, depuis vingt ans, ce qui les fait tous vibrer, grimper sur les toits, escalader les murs, c'est le frisson de la course-poursuite et le plaisir de transgresser l'interdit. «Et pour les bourgeois, ricane l'un d'eux, l'envie de s'encanailler.» Certains sont prêts à prendre d'énormes risques pour cette montée d'adrénaline. Yulk 132, l'éternel vandale, en sait quelque chose. Afin d'échapper au service de sécurité, il s'est caché sur les rails de métro, sous un train à l'arrêt. «Ce n'était pas malin, car certains sont encore sous tension», reconnaît-il. Le jeune Michaël Cohen, lui, y a laissé la vie. Surpris par la Brigade anticriminalité alors qu'il taguait un mur antibruit sur l'autoroute, il a pris la fuite et s'est jeté dans la Marne afin d'échapper à ses poursuivants. Il avait 19 ans. L'IGS - la police des polices - a ouvert une enquête pour établir les responsabilités (voir L'Express du 26 avril 2004).


Taguer est un délit puni d'une amende pouvant atteindre 45 000 euros et trois ans d'emprisonnement. Dans les années 1990, la plupart des tagueurs inquiétés ne récoltaient que des peines légères: amendes, travaux d'intérêt général. Rares sont ceux qui se retrouvaient en prison, car les autorités étaient alors incapables d'attribuer aux auteurs l'ensemble de leurs méfaits. Mais, depuis l'affaire de 2001, qui a nécessité près d'un an et demi d'enquête, la police a mis en place un système de surveillance très élaboré, digne des services secrets. Déchiffrage, renseignements, surveillance des expositions, des manifestations, photos des délits: toutes les informations sont centralisées. Civique, le magazine du ministère de l'Intérieur, leur a même consacré un dossier spécial intitulé «Réflexion: qui sont les tagueurs?», en novembre 2003, pour tenir informés ses fonctionnaires. De leur côté, les deux principales victimes - la SNCF et la RATP - alimentent la machine. En 2003, débordée par le nouveau phénomène des tags gravés sur les vitres, cette dernière a dépensé 20 millions d'euros en nettoyage. Elle emploie une équipe d'un millier d'agents spécialisés dans la lutte contre le graff. Et la direction de la RATP affirme que ce n'est pas encore assez pour quadriller le réseau: «Il est très difficile de prendre les tagueurs en flagrant délit. Chaque inscription est donc photographiée avant d'être effacée.» Grâce à ce système, l'auteur de plusieurs graffs peut être appréhendé pour l'ensemble de ses délits, et pas uniquement pour celui qu'il vient de commettre. Et ça marche. En mai dernier, cinq jeunes ont ainsi été interpellés. Ils sont soupçonnés d'avoir tagué près de 400 rames de métro et de trains en Ile-de-France.


Pour certains graffeurs, la peur du gendarme - et de la prison - a servi d'électrochoc. Derrière ses lunettes noires, Vince ne veut plus entendre parler de sa période «vandale»: «Cela ne doit pas être une épée de Damoclès au-dessus de ma tête. C'est du passé.» Il est désormais membre de l'association Lézarts, qui anime des ateliers de quartier autour du graffiti et monte des projets humanitaires. «Notre but n'est pas de censurer le graff, mais de lutter contre le vandalisme», nuance le commandant Merle, qui assure apprécier certaines œuvres de graffeurs réputés.

Ambivalence de la société adulte

Comme les policiers, Claire Calogirou est aussi une «chasseuse de graffs». Mais en tant qu'anthropologue et pour le compte du Musée national des arts et traditions populaires. Car le graff y a aussi ses entrées. Depuis cinq ans, elle constitue un fonds d'archives: schémas, photos, bombes, vêtements et, bien sûr, des palissades, des rideaux de fer. «Il m'arrive de sortir et de repérer des graffs sur un chantier, raconte-t-elle. Je contacte l'entreprise et je négocie.» Combien? «Ce sont soit des dons, soit des acquisitions.» Impossible d'en savoir plus, devoir de réserve oblige.


L'ambivalence de la société adulte à l'égard des tagueurs est telle que les municipalités s'y perdent: elles passent des contrats avec des sociétés de nettoyage tout en subventionnant des ateliers «graffitis» ou des rencontres de graffeurs. «L'institution a toujours eu une relation ambiguë avec la culture de la rue, un mélange d'attirance et de peur», souligne le sociologue Hughes Bazin (La Culture hip-hop, Desclée de Brouwer).


En juillet dernier, Bagnolet (Seine-Saint-Denis) accueillait la troisième édition du Festival international de graff: Kosmopolite 2004. La ville avait versé 45 000 euros aux organisateurs. Pendant ces quatre jours-là, les filles étaient à l'honneur comme Lady Pink, qui, depuis la fin des années 1970, incarne la voie «féminine» - «plus sensuelle, plus douce», selon l'intéressée - du graffiti new-yorkais. Peu nombreuses dans cet univers de mâles qui marquent leur territoire, rares sont celles qui percent. A quelques mètres des stars, des milliers de «jeunes» entre 10 et 30 ans se baladaient bombes ou marqueurs à la main. «Il faut du courage pour organiser une telle manifestation, reconnaît François Lepape, directeur du développement culturel de la ville. Pour un maire, c'est une idée difficile à défendre, même si cela donne une image dynamique et jeune à la ville.»


Car le graff est aussi très tendance dans les milieux de la mode ou du marketing. Miss Van, une célèbre figure de la scène toulousaine, vient de passer un contrat avec Coca-Cola pour illustrer des canettes dès la rentrée. En 2001, Louis Vuitton faisait déjà appel à un graffeur pour l'une de ses lignes de maroquinerie. Les plateaux télé sont relookés à coups de bombes aérosols, et les publicitaires reprennent la calligraphie des tags pour leurs slogans. Ironie suprême: ces affiches sont souvent placardées sur les murs du métro. La RATP n'en est pas à sa première contradiction. Tout en dépensant des millions d'euros en frais de nettoyage, elle est l'une des premières institutions à avoir fait appel à un célèbre graffeur - Futura 2000 - pour la campagne de lancement du ticket unique métro-bus, en 1984. Le graff, c'est l'art du paradoxe. «Il possède un côté obscur, affirme le sociologue Hughes Bazin. Ne prendre en compte que l'aspect esthétique sans l'esprit subversif, c'est dénaturer le phénomène.» Pour Flavien, en tout cas, ce «côté obscur» a servi de bouée de sauvetage: «Sans le graff, j'aurais fini avec un gun faisant la loi dans ma cité.» Aujourd'hui, à 23 ans, il est devenu le roi de la rue. A coups de bombes.


Post-scriptum
L'an dernier, le tribunal correctionnel de Dinant avait acquitté des graffeurs poursuivis par la Société nationale des chemins de fer belges, estimant que leurs bombages n'empêchaient pas les trains de rouler et constituaient «une forme d'art». La cour d'appel vient de les condamner, déplorant que le juge se soit «assez curieusement cru autorisé à développer des considérations pseudo-philosophico-culturelles hors de propos».

> http://www.lexpress.fr/info/societe/dos ... ida=429239

> vidéo illustrant l'article de 2min Window Media Player
http://www.lexpress.fr/info/societe/dos ... w/graf.htm
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Postby Kefli! » September 6th, 2004, 11:04 am

merci bien pour ce quart d' heure d' histoire :D
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Postby Tyler From the butte club » September 6th, 2004, 5:05 pm

qq erreurs chez l express , yulk132 a pas 30 ans , il en a 28 ....
mais je chipote un peu ... :lol:
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Postby ILK_YoU » September 7th, 2004, 8:11 am

Une autre erreur :

"Car le graff est aussi très tendance dans les milieux de la mode ou du marketing. Miss Van, une célèbre figure de la scène toulousaine, vient de passer un contrat avec Coca-Cola pour illustrer des canettes dès la rentrée"

Ce sont les illustrations de Fafi qui seront sur les coca cola light lemon si je ne m'abuse......
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Postby papasmurf » September 8th, 2004, 1:52 pm

Tyler From the butte club wrote:qq erreurs chez l express , yulk132 a pas 30 ans , il en a 28 ....
mais je chipote un peu ... :lol:


t'es sa meuf.?
hahahaha!!
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Postby Tyler From the butte club » September 8th, 2004, 2:11 pm

papasmurf wrote:
Tyler From the butte club wrote:qq erreurs chez l express , yulk132 a pas 30 ans , il en a 28 ....
mais je chipote un peu ... :lol:


t'es sa meuf.?
hahahaha!!


non , je l ai deja rencontré et je connais quelques 132.
et sinon la salsepareille tu te torches avec ou tu la fumes pour etre aussi drole? :lol:

au passage un peu de pub pour son site !

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Postby g » September 8th, 2004, 2:35 pm

ILK_YoU wrote:Ce sont les illustrations de Fafi qui seront sur les coca cola light lemon si je ne m'abuse......


u're right...
il y aura aussi celle(s) de DER mais ne t'abuse pas trop quand même :lol: :lol:
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Postby oreil » September 11th, 2004, 9:20 am

mais ou va ce monde
des graffeurs pour coca cola
bientot qqn fera des graffs sur les emballages carton de chez mc donalds ou quoi
vive le graffbizness.........
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Postby Tyler From the butte club » September 12th, 2004, 9:41 am

y a deja eu lacoste avec les polo ou y a avait taggé "andré" et les sac vuitton taggué aussi...... c est pas nouveau !
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Postby g » September 14th, 2004, 12:37 pm

http://www.liberation.fr/page.php?Article=238324

Biennale de la danse.
Les chorégraphies présentées à Lyon affinent ce genre né dans les cités.

Le hip-hop s'affranchit de son passé

Par Marie-Christine VERNAY

mardi 14 septembre 2004 (Liberation - 06:00)

Biennale de la danse de Lyon.
«Europa», galerie des Terreaux, 12, place des Terreaux, Lyon 1er. Rens. : 04 78 39 66 66. Jusqu'au 3 octobre.

Anciens B. Boys, graffeurs, nouvelle génération : toutes les familles hip-hop étaient réunies pour l'ouverture, dimanche après-midi, de la 11e Biennale de la danse de Lyon. Mais pas seulement. En vingt ans d'existence, le mouvement a imposé ses disciplines artistiques à un large public et ce sont 4 500 personnes, tous milieux confondus, qui se sont rendues au palais des sports de Gerland.

Intitulée Europa, cette nouvelle édition de la manifestation, devenue très populaire, ne pouvait mieux inaugurer son programme : dans le mille de l'actualité politique. Du ministre de la Culture au maire de Lyon, chacun semblait avoir saisi la dimension symbolique de l'ouverture. De par la vocation internationale de sa zulu nation, de par son organisation en crews (groupes), le hip-hop construit son propre espace, peu soucieux des frontières.

Ainsi, huit crews européens se sont-ils affrontés, sans récompense à la clef, juste pour le plaisir, l'échange en direct et l'évaluation technique. Cela ne fait aucun doute, le hip-hop est donc partout, en Croatie avec Feel the Panic, en Estonie avec Submission, en Lettonie avec Camelot, en Slovénie avec Air Bome Crew... et en France.

Pur. Après le défi, deux groupes ont présenté leurs récentes créations, Wanted Posse et les Pockemon. Chez l'un et l'autre, on peut apprécier la richesse du vocabulaire, la virtuosité et une constante invention. Chouchous des Lyonnais, soutenus par l'Opéra de Lyon où ils firent leurs premiers pas, les huit Pockemon, techniciens de haut niveau âgés de 15 à 25 ans, ont réaffirmé qu'ils étaient bien les «champions du monde» ­ ils étaient sortis vainqueurs du Battle of the Year en 2003. Avec une chorégraphie plutôt abstraite, de mouvement pur, sans scénario bidon, Sii ! Si ! (1) est une combinaison savante de pas, de pass-pass (jeux de jambes, rotations au sol avec les pieds) véloces, de connexion d'un corps à l'autre.

Le hip-hop n'a aujourd'hui plus besoin de nourrir ses pièces de considération sociale, de revenir sur son passé dans les cités. Les corps en conservent la mémoire vivante, mais ils savent aussi, sans emprunter à d'autres formes de danse, proposer de nouvelles représentations. Si le modèle était au début plutôt masculin et guerrier (et le reste trop souvent), des corps fragiles apparaissent, plus lents, énigmatiques.

Patrimoine. Lyon, qui fut une place forte dans les années 80, avec un groupe comme Traction Avant, puis qui sut prendre le virage des années 90, avec la confirmation d'Accrorap ou de Käfig, par exemple, n'a pas lâché l'affaire. De génération en génération, le genre s'affine. Pour Gilberte Hugovieux, la conceptrice de cette ouverture EuropeDef'hip-hop, les danseurs et chorégraphes sont «beaucoup moins fermés, peut-être car le hip-hop n'est plus vécu comme une sous-culture. Les créateurs n'ont plus besoin de passer aujourd'hui par la danse contemporaine pour se faire accepter. Et, même si la plupart ont peu de moyens, ils possèdent tous un téléphone portable et l'Internet, c'est aussi comme ça que la danse résiste et se transmet».

Et s'impose, au point que le ministre Donnedieu de Vabre affirme haut et clair que «la danse hip-hop a aujourd'hui droit de cité. Elle fait partie du patrimoine». Jusqu'à ce qu'un chorégraphe prenne la direction d'un centre national ? Là, la réponse se fait attendre. Mourad Merzouki, de la compagnie Käfig, a bien failli succéder à José Montalvo, à la tête du centre chorégraphique de Créteil. Mais ce dernier refusant de partir au Ballet du Nord, la configuration reste pour l'instant inchangée. Merzouki peut toutefois se consoler : le 28 septembre, à la biennale, lui sera remise la médaille de chevalier des Arts et des lettres.

(1) Expression utilisée pour dire qu'un mouvement «défonce», selon la définition de Riyad, leader du groupe.
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Postby alexone » September 14th, 2004, 1:07 pm

... la danse hip hop ! ... monde qui adore snober les autres element de cette culture ...c'est cool pour eux la plupart en vivent bien ...mais ne connaisent rien a cette culture qu'ils ont decouvert il y a 2/3 ans ...
:-( ca ennerve un peu quand on est graffeur qui se ferait plutot poursuivre par le gouvernement , plutot que remettre une medaille ...
bougez pas je vais aller m'acheter une casquette et un survet' pour me faire accepter par l'etat a toute ...
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Postby Pork » September 14th, 2004, 2:51 pm

Tel les américains qui voulaient "civiliser" les indiens... maintenant on va devoir renier les origines du hip hop pour que ça soit un peu plus montrable ?
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Postby alexone » September 14th, 2004, 4:05 pm

Pork wrote:Tel les américains qui voulaient "civiliser" les indiens... maintenant on va devoir renier les origines du hip hop pour que ça soit un peu plus montrable ?



??? kes tu raconte il y a rien a renier !! quand je parles de survet et casquette c'est parceque c'est trop la mode d'etre habiller comme ca quand tu break :-) il ne faut pas y voir autre chose !attention a ne pas me faire dire ce que je n'ai pas dit !
moi je suis plus fat lacets et name plate pour marquer mon appartenance hip hop ...que je ne renirai jamais, car l'idée de depart est un truc fort ! et tres ouvert !
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Postby Pork » September 14th, 2004, 5:09 pm

Je m'aventure peut etre sur un terrain glissant mais le hip hop de jadis n'est plus le meme à mes yeux... avant t'avais le hip hop et le graff en commun... jconnais un des pokemon crew et le graff ils y connaissent pas grand chose...
Enfin bon pour ceux qui aiment le hip hop vous le définiriez comment ?
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Postby Tyler From the butte club » September 14th, 2004, 5:26 pm

ca sent le vieux debat "c est mon choix"....
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Postby g » September 15th, 2004, 10:12 am

Tyler From the butte club wrote:ca sent le vieux debat "c est mon choix"....


qui est-ce qui sent le vieux ? :lol:

bon sinon j'connais un gars.....

http://www.grioo.com/info3054.html

Antoine Garnier, journaliste-écrivain au coeur du hip-hop

12/09/2004
Par Hervé Mbouguen

Rencontre cette semaine avec un antillais de 39 ans, journaliste de presse écrite puis de radio/télévision et aujourd'hui écrivain


Antillais de 39 ans, Antoine Garnier, même s'il réfute la comparaison pourrait être appelé le "Olivier Cachin noir", du nom de ce journaliste dont le visage est synonyme de hip-hop à la télévision tant il se sera montré l'un des pionniers de cet art musical en France.
Il connait bien la culture américaine pour y avoir vécu et travaillé pendant 10 ans, comme correspondant de journaux français, tout en travaillant avec des artistes comme MC Solaar dont il traduisait notamment certaines chansons en anglais. Il a également travaillé avec des artistes de tout premier plan comme Dr Dre ou Puff Daddy.
Revenu à Paris, il devient le rédacteur en chef qui professionnalisera Radikal l'un des principaux titres de la presse spécialisée hip-hop française, avant de réaliser la première émission consacrée au rap sur une radio française, et diverses émissions pour La 5, 13è Rue et même RFO.
Rencontré peu après la sortie, en deux tomes, de "Souffle, au cœur de la génération hip hop entre New York et Paris - 1986/2003", l'histoire du mouvement hip-hop telle qu'il l'a vécue, où musique et société se croisent, trahissant son background de sociologue, ce militant passionné de culture noire et qu'on retrouvera souvent dans les manifestations parisiennes, même si ce volet n'est pas abordé ici, Antoine Garnier a accepté de répondre aux questions de la rédaction

Pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, je m’appelle Antoine Garnier, j’ai 39 ans et suis journaliste-écrivain. Je suis l’auteur des livres «Comprendre Le Rap» et «Souffle, au cœur de la génération hip hop entre New York et Paris - 1986/2003 volume 1/2», un regard singulier sur l’influence révolutionnaire de la culture noire contemporaine sur les jeunesses américaine et française.

Fasciné par les USA vous allez y vivre en 1986 et y restez 10 ans. Pouvez-vous décrire cette période de votre carrière ?

Fasciné n’est pas le mot approprié. Je dirais plutôt curieux/surpris du décalage existant entre l’image des personnes noires dans les sitcoms diffusées à la télévision française et la diversité des réalités que je découvre sur le terrain, je me suis penché sur la question à une époque où naît véritablement une culture urbaine incarnée par la créativité artistique, culturelle puis politique de jeunes Noir(e)s, appelée hip hop. Un DJ de la radio noire new-yorkaise Kiss FM, Chuck Chillout, va me prendre sous son aile et me faire découvrir cette culture, son rythme, son contexte, ses personnages

Qu'est-ce qui vous pousse ensuite à retourner à Paris ?

Un ami me dit que la France bouge dans ce domaine et que le milieu pourrait avoir besoin de mes observations. Je n’aurais pas dû l’écouter.

Vous créez les premières émissions de rap à la radio (Fun Radio) ou à la télévision sur La Cinq, voire des documentaires. Pouvez-vous en parler et décrire notamment les réticences rencontrées ?

La première émission de culture rap sur un réseau national, Fun Radio. L’émission, Check Ça. Tout y est réalisé en direct avec des interventions d’avocats, d’artistes, de producteurs nous expliquant depuis New York, Londres, Tokyo ou Paris, les coulisses de cette culture. Deux DJ’s, un rappeur, un animateur, un journaliste.
Elue numéro un de sa tranche horaire toutes radios confondues, le succès d’audience de ce projet pédagogique et artistique attire l’attention de La 5. Je conçois alors l’émission Camera Graffiti dont l’audience augmente progressivement, et parallèlement la jalousie de sa productrice en quête de reconnaissance, Monique Cara (ex Les Beaux Matins de France 2). Le climat se dégrade. L’émission s’arrête malgré son succès grandissant et illustre bien un des problèmes récurrents dans ce milieu. L’absence d’idées chez beaucoup de personnes qui n’ont, en réalités, que des réseaux et pillent votre créativité pour vivre. Je réaliserai également Culture Rock spécial rap (M6), La Guerre des Gangs (soirée thématique pour 13 ème Rue), Bouge Ta Nuit (RFO Sat), Une Journée à New York.

Vous devenez ensuite LE rédacteur en chef qui rénovera "Radikal" le magazine de hip-hop français. Comment avez-vous vécu cette expérience et surtout pourquoi s'est-elle terminée ?

A l’époque ou son propriétaire me confie Radikal, il y a des fautes d’orthographes à chaque lignes, des photos de femmes nues et de tatouages au sommaire, du stéréotype illustrant, non seulement, la méconnaissance de cette culture, mais aussi l’exploitation du porte-monnaie d’un lectorat jeune et fan. Aidée d’une équipe re-motivée, j’introduis de nouvelles rubriques, propose des explications de contexte et le transforme en le premier magazine pour passionné(e)s. Ventes et intérêt éditorial confondus. Les maisons de disques ne s’y tromperont pas non plus. Elle se termine car elle réveille l’égo et met en lumière les maladresses du propriétaire.

Qu'est-ce qui vous pousse ensuite à écrire une histoire, VOTRE histoire du rap en 2 tomes ?

Précisément le constat qu’un intérêt véritable existe en France, mais qu’il est trop souvent noyé dans une profonde méconnaissance de cette culture. Art du rap et culture de rue sont injustement confondus. N’oublions pas que le hip hop est venu en France via les images, des reportages rigolards, cliché-esques, une approche uniquement esthétique qui lui a nui. A travers l’expérience d’un Français d’origine caribéenne aux Etats-Unis, j’ai tenté de sortir de cette approche strictement artistique, de redonner à cette culture son expression, son visage humain, partager combien elle correspond à un mode de vie, de pensée nourrit historiquement, socialement, politiquement au quotidien par le sort appliqué aux minorités noires-américaines dans la société contemporaine américaine. Souffle se démarque de tous les autres livres consacrés au rap. Ce n’est pas un livre SUR le rap, mais DANS le rap. Un outil qui utilise la musique pour expliquer la société.

Qu'apprendra le lecteur dans ces livres où les faits côtoient votre vie personnelle ou votre vision de la société ?

De formation de sociologue, je mélange des informations politiques, sociales, artistiques poétiques, musicales, les vraies composantes de cette production noire-américaine. Ainsi, Souffle capture le contexte politique, social, culturel dans lequel la culture hip hop naissante des années 80 affecte la vie d’un jeune français d’origine antillaise. Correspondant de presse privilégié pour L’Affiche, Black News, Vibrations ou The Source, j’expose l’atmosphère et l’évolution de cette contre-culture via des rencontres originale au travers d’un journal de bord confessionnel. On y croise tant KRS1 que John Singleton, Spike Lee que De La Soul, le producteur Doctor Dre et sa vision de l’influence du genre gangsta, que le trio Run DMC, premières stars rap planétaires.
Mais également David Dinkins premier maire noir de le Grosse Pomme, Cornel West, philosophe-universitaire reconnu en parallèle de voisins des quartiers de Queens, Bronx, Brooklyn, Manhattan (puis de Los Angeles, Miami, les villes Sud). Une vraie prise de température sur le terrain, le rythme de ses villes, de ses régions, Etats, des acteurs, des moments, situations particulières de cette culture, un contexte général permettant de mieux en situer la vitalité ou l’infortune, le développement, la trajectoire et ses différents impacts. C’est un livre pour le quidam, pour le passionné, les curieux en quête d’informations sur ce phénomène révolutionnaire, pour les étudiants en sciences humaines, pour les femmes et la condition de leur genre, pour les parents qui veulent comprendre la culture de leurs enfants, les Français et leurs positions ambiguës vis-à-vis des Etats-Unis, et vice-versa. Analyse comparée entre sociétés, Souffle propose un regard incisive sur la vie américaine contemporaine dans lequel tout le monde peut se reconnaître. Des références filmographiques, bibliographiques, télévisuelles, par thématiques en fin de livre en font un vrai outil de recherché et mieux comprendre l’esprit hip hop, sa fièvre, ses contradictions, sa science, sa force.

Vous avez travaillé avec de grands noms de la musique noire comme Puff Daddy, MC Solaar dont vous traduisiez les chansons en anglais et d'autres. Qu'avez-vous retiré de leur contact, et leur avez-vous trouvé un point commun expliquant leur succès ?

Ces deux artistes ont en commun d’êtres très décriés par un certain public trop souvent fermé par réaction épidermique, mais surtout de très bien connaître leur art et de le travailler. De DJ, Sean «Puffy» Combs est devenu l’un des plus gros producteurs, aussi connu que ses artistes. Ses productions font danser ses détracteurs... Solaar est le seul artiste français qui soit connu au-delà des frontières de l’hexagone. Son travail avec le rapper américain Guru l’a fait connaître sur le sol américain. Il poursuit sa route, même s’il s’éloigne du genre dans lequel on veut l’enfermer. Pourtant, il dit/dénonce beaucoup plus de choses que les soit-disant artistes auto-proclamés «hardcore». Ré-écouter «Gangster Moderne», «Les Colonies». Intelligents, les deux participent à la popularisation du genre. Aux autres à y répondre avec talent, sans mesquinerie

Quel regard l'"ancien" que vous êtes devenu porte sur la scène hip-hop tant musicale que journalistico-médiatique d'aujourd'hui ?

Une certaine scène rap est morte, une autre couve, une troisième vend, manipule son public. A l’image de la société grand public. Comme toutes les autres productions artistiques noires par le passé, l’industrie des médias a rattrapé la culture rap originelle car extrêmement séduisante, puissante, effervescente, menaçante, éloigné la culture du graffiti, cherche à administrer la culture de la danse, contrôle rapiéce/ranime l’industrie vestimentaire… Le constat diffère sensiblement que l’on soit en France ou aux Etats-Unis. Mais force est de constater qu’il n’y a plus de culture hip hop comme les anciens ont pu la connaître. Nous sommes en phase de transition, avec des artistes nostalgiques, d’autres qui s’essayent, et d’autres besogneux qui devraient abandonner. Pour les médias, aucun n’est aujourd’hui capable de transmettre le rythme de vie de cette culture car ses correspondants sont exagérément souvent trop jeunes, fascinés par ses mythes, et/ou ne veulent identifier que la partie fun de cette culture. Grosses baskets, diamants rutillants, Noir qui fait peur. L'indépendance, le ton éditorial et le traitement de l'information demeurent caricaturaux. Aucune explication sociétale, car ils ne la respectent pas. De plus, le phénomène de concentration dans le milieu de l’information, l’accessibilité d’une autre info sur internet, l’incapacité des médias français à fidéliser durablement leur public grandissant ou à se réformer participent à l’option de ne leur servir que de la soupe.


Avez-vous des projets dont vous pouvez parler ?

Souffle 3, soit la suite/fin de la trilogie.
Qu’est devenue cette culture dans une France grappillée par le phénomène Le Pen, la pauvreté morale, le désespoir et l’avidité grandissants ?
De quelle histoire de France nous parle-ton ?
Quelle est cette histoire avec les minorités raciales et leurs coutumes ?
Que fait/peut faire ce hip hop hexagonal qui se prétend rebelle ?
A qui/quoi ? Est-il has-been ? A-t-il encore un rôle à jouer alors qu’il est compris aujourd’hui, par le plus grand nombre comme «intégré»/«compris» ?

Une analyse profonde de notre société, de ses enjeux. La culture hip hop et celle qui la remplace y ont encore leur place puisqu’elles nourrissent à des degrés divers les habitant(e)s de moins de quarante ans de ce pays.

Je travaille également à la production d’un DVD artistico-pédagogique compilant mes meilleures rencontres avec des personnages de ce milieu.
Pour des extraits et plus d’infos, vous pouvez vous reporter au site souffle2vie.com pour plus d’infos. Vente directe : 0662762980.

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

et en bonus les tofs de l'article !!

Image
L’équipe de Check Ça à Fun Radio. Paris.

Image
Les DJ Red Alert (gauche) Chuck Chillout (droite) dans les locaux de la station Kiss FM. New York.

Image
Krs One. Bibliothèque publique de Brooklyn. New York.

Image
Puffy dans les coulisses de la 1er édition des Source Award. Paramount. New York. Paramount.

Image
Flavor Flav du groupe Public Enemy lors de leur premier concert français. Globo. Paris.
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Postby alexone » September 15th, 2004, 10:51 am

sa reponse illustre assez bien ce que je pense et vois ! ...


"""Quel regard l'"ancien" que vous êtes devenu porte sur la scène hip-hop tant musicale que journalistico-médiatique d'aujourd'hui ?

Une certaine scène rap est morte, une autre couve, une troisième vend, manipule son public. A l’image de la société grand public. Comme toutes les autres productions artistiques noires par le passé, l’industrie des médias a rattrapé la culture rap originelle car extrêmement séduisante, puissante, effervescente, menaçante, éloigné la culture du graffiti, cherche à administrer la culture de la danse, contrôle rapiéce/ranime l’industrie vestimentaire… Le constat diffère sensiblement que l’on soit en France ou aux Etats-Unis. Mais force est de constater qu’il n’y a plus de culture hip hop comme les anciens ont pu la connaître. Nous sommes en phase de transition, avec des artistes nostalgiques, d’autres qui s’essayent, et d’autres besogneux qui devraient abandonner. Pour les médias, aucun n’est aujourd’hui capable de transmettre le rythme de vie de cette culture car ses correspondants sont exagérément souvent trop jeunes, fascinés par ses mythes, et/ou ne veulent identifier que la partie fun de cette culture. Grosses baskets, diamants rutillants, Noir qui fait peur. L'indépendance, le ton éditorial et le traitement de l'information demeurent caricaturaux. Aucune explication sociétale, car ils ne la respectent pas. De plus, le phénomène de concentration dans le milieu de l’information, l’accessibilité d’une autre info sur internet, l’incapacité des médias français à fidéliser durablement leur public grandissant ou à se réformer participent à l’option de ne leur servir que de la soupe."""
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Postby g » September 15th, 2004, 11:45 am

alexone wrote:sa reponse illustre assez bien ce que je pense et vois ! ...


nous sommes donc d'accord !
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Postby zhine » September 15th, 2004, 12:14 pm

Les plus vieux, une petite quarantaine d'années: ils sont mariés avec des enfants et ont de bons jobs. Eux, ce sont de vrais toxicos.»

:shock:
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