Nous
avons confié l'interview de Krisprolls à Cha.
Tout le monde n'ayant pas le bagage économique nécessaire
pour appréhender les questions de notre collaborateur nous avons
donc jugé nécessaire d'en reformuler certaines pour une
meilleure compréhension.
Cha
: Bonjour l'homme venu du Nord, êtes vous une marque déposée
?
Ekosystem
: Depuis quand développes tu ton concept ?
Krisprolls
: Mars 2000
à 15h69
Ekosystem
: T'as fais du lettrages avant ?
Krisprolls
: Oui, j'ai commencé par ça, mais je préfère
les logos c'est plus rigolo, et puis c'est plus simple. Et aussi ça
saute plus aux yeux.
Mais je continue a faire des lettrages aussi.
Cha
: Par rapport à votre approche marketing ne pensez-vous pas avoir
été un peu trop optimiste quant à l'usage quotidien
du grille-pain ?
Ekosystem
: Pourquoi ce choix du grille-pain ?
Krisprolls
: C'est super top Secret.
Cha
: Et l'export, commencez vous à y penser ? Il parait que le marché
de l'est est très ouvert...
Ekosystem : Des projets, des souhaits ?
Krisprolls
: Oui plein, pour commencer : acheter pleins de maisons à la
montagne et y construire pleins de trucs avec des potes, et les vendre
a plein de gens mais gratuitement (un peu comme Joe Dassin dans
ses chansons, c'est très humaniste dans le fond). Et on vendra
de la coke et du crack à la sortie des écoles maternelles,
et après on tueras tout les riches pour distribuer leurs biens
aux pauvres qu'on tueras aussi parce qu'ils se seront enrichi par le sang.
Et puis je veux un pull over rouge avec écris LC Waïkiki
dessus. Et un chat pour pouvoir lui arracher les cheveux et lui bouffer
les dents.
Cha
: Si je vous cite des grands noms de la finance comme Lindberg, Minsdberg,
Oppenheim, que me répondez vous ?
Ekosytem : Tes influences dans le graffiti ou ailleurs
?
Krisprolls
: Charles Ingals, dans la petite maison dans la prairie je
trouve qu'il joue vachement bien du violon. Le Leerdamer c'est
pas très bon, mais heureusement dans les ewoks, les gentils
gagnent a la fin. Mais c'est papa qui a tué le chat.Ca n'arrête
pas de cogner dans ma tête il faut que j'aille ouvrir
ça
y est, c'était un faux numéro.
Cha
: Paris a été votre marché-test pendant quelques
années, quelles sont les expériences et leçons que
vous en retirez ?
Krisprolls
: En cas d'affluence, veuillez ne pas utiliser les strapontins.
Cha : Quelle est votre relation avec les entreprises
de Province ?
Krisprolls
: J'aime bien tout ce qui se trouve en dessous de la porte d'orléans
(ligne 4), c'est trés joli y a plein de vert, de vaches et surtout
y a moins de pollution.
Cha
:Quel genre de manager êtes vous ?
Krisprolls
: Je suis quelqu'un de très sérieux, j'aime pas du tout
les délires de Cha par exemple (il sert à rien ce mec c'est
dingue), je pense que dans le graffiti il faut savoir suivre des règles,
une ligne de conduite et rester hip hop.
Nan j'm'en bat en fait
Cha
: Igmar, votre fidèle bras droit vous accompagne dans toutes vos
campagnes publicitaires, pensez vous vous séparer un jour ?
Krisprolls
: Igmar c'est un petit punk né a Montpellier, vers Figuerolles,
y a presque deux ans, il me suis dans tout mes déplacements en
France et a l'étranger, un peu comme mon ombre.
Cha
: Un dernier mot...
Krisprolls
: Wai alors je voudrais que le dernier mot soit un condensé
de tout les trucs super intéressant que j'ai dit jusqu'à
présent un mot que tout le Monde retienne, que les gens se disent
" putain il est chan-mé son dernier mots a lui ", un
mot tellement judicieux qu'il pourrait remplacer le point final.
Faudrait aussi que je fasse une dédicace à mes potes et
a tout les gens qui font avancer tous les mouvements, faudrait aussi que
je dédicaces mes peintures à plein de gens que je connais
pas mais au moins ça ferait bien parce que c'est la mode de dédicacer
des gens qu'on connaît pas. Faudrait aussi que je délivre
un message à portée universelle. Je pourrais aussi me servir
de cette dernière question pour parler de ma marque de fringues
que je ne lance pas ou de mon exposition que je ne fais pas ou alors pour
envoyer les gens voir ce film que je n'ai pas vu.
Putain c'est quand même vachement bien un dernier mot.
Mais attends, j' pourrais aussi raconter une super anecdote quand je peignait
un igloo au Vietnam en 86 et que je me suis fait courser par des crabes
qui voulaient boire le thé dans mon cerveau. Une histoire de ouf!
Ou alors la fois ou j'ai peint à moi tout seul un mur d'au moins
5 mètres sur 3 en pleine journée. Mais c'est pas la question
que tu m'as posé en fait. Eko, nan mais alors ça c'est dingue
tu
me demande de dire quelque mots pour une interview et même pas tu
te demanderais si j'ai pas une anecdote intéressante. Tant pis
j'les garderais pour moi. C'est la fin là.
propos recueillis par Cha pour ekosystem - décembre 2001
serial_toaster@hotmail.com
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